Publié le 16 février 2024. Le projet d’extension du Métrotram à Luján de Cuyo implique le déplacement de quatorze familles, mais aussi une opportunité inattendue : l’accès à la propriété pour certains de ces habitants qui, depuis plus de vingt ans, vivaient sur des terrains non titrés.
- L’extension du Métrotram à Luján de Cuyo nécessite le déplacement de 14 familles vivant entre les rues Besares et Almirante Brown.
- Le gouvernement provincial a prévu la construction de 14 maisons individuelles pour reloger ces familles.
- Un habitant, Cristian, travaille actuellement sur le chantier du Métrotram et de la future canalisation, ironie du sort, là où se trouvait sa maison.
C’est un déracinement attendu, mais non moins douloureux. Depuis plus de vingt ans, ces familles ont bâti leur vie entre les rues Besares et Almirante Brown à Luján de Cuyo, sur des terrains qu’elles ne possédaient pas. L’arrivée du Métrotram, qui progressera parallèlement à la rue San Martín, change la donne et impose un départ.
Cristian, l’un des habitants concernés, résume ce sentiment ambivalent :
« Voici notre vie, nos souvenirs. Ici, j’ai grandi avec mes parents, mes frères et sœurs ; nous avons vécu beaucoup de moments heureux. Mais nous sommes heureux. Nous allons être propriétaires et c’est un rêve devenu réalité. »
Il marque une pause, les yeux embués, tandis qu’Antonella, à ses côtés, essuie ses larmes.
L’ironie de la situation ne lui échappe pas. Cristian travaille pour l’entreprise chargée de poser les canalisations qui passeront sous ce qui fut sa maison, et également pour celle qui installera le réseau de gaz des futurs logements.
« Je n’arrive toujours pas à croire à quel point tout cela est lié »,
admet-il, perplexe.
Le projet d’extension du Métrotram, qui reliera à terme Luján de Cuyo à l’aéroport, est perçu comme un atout pour le département.
« À bord du Métrotram, vous verrez à Luján de Cuyo des endroits que même les habitants de Luján eux-mêmes ne connaissent pas »,
affirme Daniel Vilches, président de la Sociedad de Transporte de Mendoza (STM). Cette nouvelle configuration permettra d’accéder à des zones jusqu’alors inaccessibles.
Les familles ont été recensées par les autorités provinciales et municipales. Elles sont conscientes qu’elles n’ont jamais pu régulariser leur situation foncière. La solution proposée par le gouvernement est la construction de 14 maisons individuelles, financées par l’Institut Provincial du Logement (IPV), sur un terrain mis à disposition par la Direction Générale des Écoles (DGE). Ce terrain, initialement destiné à la construction d’une école qui ne verra jamais le jour, a été officiellement transféré à l’IPV.
Les travaux de construction des nouvelles habitations avancent rapidement. Cristian et sa famille passent chaque week-end à suivre l’évolution du chantier. Ils espèrent emménager dans leur nouvelle maison d’ici quelques mois. Noël dernier a été leur dernier Noël passé ensemble dans leurs maisons actuelles. Ils ont célébré l’événement avec l’espoir d’un avenir meilleur.
L’adaptation ne sera pas facile. Quitter son quartier, ses habitudes, son environnement, représente un véritable bouleversement. Cristian espère que les nouveaux habitants du quartier les accueilleront à bras ouverts et propose d’organiser une rencontre avec le syndicat de quartier pour faciliter l’intégration.
« Nous voulons que les habitants du nouveau quartier connais-nous. N’ayez pas peur de nous. Nous sommes tous des travailleurs»,
insiste-t-il.
Maisons construites par l’IPV à Luján de Cuyo pour les familles déplacées par le Métrotram.
Photo : Martín Pravata/Diario UNO