Home Santé Fardeau mondial de la myocardite chez les adolescents et les jeunes adultes, 1990-2019 | Troubles cardiovasculaires BMC

Fardeau mondial de la myocardite chez les adolescents et les jeunes adultes, 1990-2019 | Troubles cardiovasculaires BMC

0 comments 44 views

Publié le 29 octobre 2025. Une étude mondiale portant sur l’incidence, la morbidité et la mortalité liées à la myocardite entre 1990 et 2019 révèle une augmentation globale des cas mais une diminution des taux standardisés. Les projections suggèrent une persistance de ces tendances, avec des disparités notables selon le sexe et le niveau de développement socio-économique.

  • En 2019, l’incidence mondiale de la myocardite a atteint 1,27 million de cas, soit une hausse de 62,2 % par rapport à 1990, mais le taux standardisé par âge (ASIR) a légèrement diminué.
  • Les taux de mortalité et de morbidité (DALY) ont globalement diminué, bien que des variations régionales et selon le sexe persistent.
  • Les projections jusqu’en 2030 indiquent une stabilité ou une légère augmentation de l’incidence, particulièrement chez les hommes, avec des disparités liées aux indices sociodémographiques.

Fardeau de la myocardite : tendances mondiales entre 1990 et 2019

Entre 1990 et 2019, le nombre total de cas de myocardite enregistrés à l’échelle mondiale a connu une hausse significative, passant de 780 000 à 1,27 million, soit une augmentation de 62,2 %. Malgré cette augmentation du nombre absolu de diagnostics, le taux d’incidence standardisé selon l’âge (ASIR) a affiché une légère baisse, passant de 16,74 à 16,00 cas pour 100 000 habitants. Cette évolution suggère une amélioration de la prise en charge ou une meilleure détection, mais aussi potentiellement une augmentation de la population globale sur la période.

Les données, présentées dans le Tableau 1, révèlent une tendance générale à la baisse de l’ASIR dans la majorité des régions du monde. Les réductions les plus marquées ont été observées en Amérique (avec une variation annuelle moyenne de -0,83 %). À l’inverse, certaines régions ont connu une augmentation, notamment en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi qu’en Europe de l’Est, où l’ASIR a enregistré une légère hausse (respectivement +0,02 %). D’autres zones, telles que l’Asie du Sud-Est, l’Océanie, les Caraïbes, l’Europe centrale et l’Afrique subsaharienne australe, n’ont montré aucune variation significative de l’ASIR, celui-ci restant stable.

Au niveau des pays, en 2019, le Japon, l’Autriche et la Suède présentaient les ASIR les plus élevés, tandis que le Liban, la Palestine et la Tunisie figuraient parmi ceux enregistrant les taux les plus bas. L’étude souligne également une corrélation entre le niveau de développement socio-économique (indice sociodémographique – IDS) et les taux d’incidence. Les pays à IDS élevé ont généralement vu leur ASIR diminuer, tandis que ceux à faible ou moyen-faible IDS ont connu une stabilité ou une faible évolution. Par exemple, les pays à IDS élevé ont vu leur ASIR baisser plus rapidement que ceux à faible IDS.

Concernant l’impact selon le sexe, les hommes présentent un ASIR systématiquement plus élevé que les femmes, et ce dans toutes les régions et tous les niveaux d’IDS. De 1990 à 2019, la baisse de cet indicateur a été plus prononcée chez les hommes que chez les femmes, à l’exception des régions à IDS moyen.

### Charge de morbidité et mortalité : une tendance à la baisse malgré les disparités

Les années de vie ajustées en fonction de l’incapacité (DALY) et les taux de mortalité standardisés selon l’âge (ASDR) ont globalement diminué à l’échelle mondiale entre 1990 et 2019, et ce dans tous les quintiles d’IDS. Cependant, les pays à IDS intermédiaire présentaient les taux DALY et ASDR les plus élevés, dépassant la moyenne mondiale, tandis que les pays à faible IDS enregistraient les taux les plus bas.

Une tendance inhabituelle a été observée entre 2002 et 2015 dans les régions à IDS moyen-élevé, où l’ASDR a connu une hausse puis une baisse, atteignant un pic en 2005. Les pays à IDS moyen ont bénéficié d’une diminution plus rapide de l’ASDR que les pays à IDS élevé, et les pays à faible IDS ont vu leur ASDR diminuer encore plus rapidement.

Sur le plan du sexe, les hommes sont systématiquement plus touchés que les femmes, tant en termes de DALY que d’ASDR, et ce dans toutes les régions. Néanmoins, la réduction du taux de variation annuelle moyenne de ces indicateurs a été plus marquée chez les femmes que chez les hommes, à l’exception des régions à IDS élevé.

### Myocardite chez les adolescents et jeunes adultes : focus sur la période 1990-2019

L’étude a également analysé spécifiquement la tranche d’âge des 15 à 39 ans. Entre 1990 et 2019, la différence d’incidence entre les sexes s’est accrue à l’échelle mondiale, dans toutes les régions et tous les niveaux d’IDS. En 2019, l’incidence chez les hommes suivait une tendance similaire à celle observée pour les deux sexes combinés, tandis que les femmes présentaient des taux d’incidence égaux sur l’ensemble de cette tranche d’âge.

Aucune tendance constante claire n’a été identifiée selon les quintiles d’IDS pour cette population, à l’exception d’un impact notable dans les pays à faible IDS. Les pays à IDS moyen-élevé ont enregistré les taux de DALY les plus élevés chez les deux sexes dans la tranche d’âge des 35-39 ans. Concernant les DALY par âge, les hommes ont montré un profil similaire à celui des deux sexes en 2019, tandis que les femmes présentaient des taux constants sur les cinq groupes d’âge étudiés.

En termes de mortalité, les tranches d’âge des 35-39 ans et des 15-19 ans présentaient respectivement les taux les plus élevés et les plus bas, à l’échelle mondiale et dans les différents quintiles d’IDS. Comme pour l’incidence et les DALY, la mortalité par âge chez les hommes a suivi un schéma similaire à celui des deux sexes en 2019, alors que celle des femmes est restée stable sur l’ensemble des groupes d’âge.

### Prévisions de la myocardite : 2020-2030

Les projections pour la période 2020-2030 indiquent que la prévalence et l’incidence de la myocardite chez les 15-39 ans devraient rester relativement stables à l’échelle mondiale, avec une incidence continuant d’augmenter avec l’âge. Dans les régions à IDS moyen-élevé, la prévalence atteindrait son pic chez les 20-24 ans, et l’incidence chez les 35-39 ans.

Il est également prévu que la prévalence et l’incidence standardisées selon l’âge soient systématiquement plus élevées chez les hommes que chez les femmes, dans toutes les régions. Concernant la charge de morbidité (DALY), une diminution est anticipée à l’échelle mondiale, à l’exception de la tranche d’âge des 15-24 ans où elle resterait stable. Les hommes continueraient également à porter une charge de DALY plus importante que les femmes.

Enfin, la mortalité par myocardite devrait globalement diminuer entre 2020 et 2030 dans toutes les tranches d’âge étudiées. Cependant, dans les pays à faible IDS, la mortalité devrait rester stable sur cette période. Comme pour les autres indicateurs, le nombre et le taux de mortalité standardisé seraient plus élevés chez les hommes que chez les femmes.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.