Publié le 2025-10-24 17:00:00. Le nouveau jeu de course « Fast & Furious: Arcade Edition » peine à convaincre, malgré son ambition de proposer une expérience arcade fidèle à l’esprit des films. Les développeurs de Cradle Games semblent avoir misé sur la vitesse brute au détriment de la jouabilité et de la cohérence.
- « Fast & Furious: Arcade Edition » se concentre sur des courses effrénées, délaissant l’intrigue au profit de missions déconnectées.
- Le gameplay souffre d’une maniabilité aléatoire et d’une IA adverse trop présente, rendant la progression frustrante.
- Malgré des tracés prometteurs, le jeu accuse son âge avec des graphismes datés et des effets sonores génériques.
Alors que les dernières adaptations vidéoludiques de la franchise « Fast & Furious », à l’instar de « Crossroads » sorti en 2020, ont été largement critiquées, Cradle Games propose « Fast & Furious: Arcade Edition » sur consoles de salon. Ce nouvel opus se veut un retour aux sources, axé uniquement sur la course arcade, sans scénario ni personnages issus des films. Chaque partie se compose de missions indépendantes, allant du vol de coffres-forts à l’escorte de convois sous le feu des missiles. Le principe reste le même : traverser des circuits semés d’embûches dans un temps imparti.
La structure du jeu introduit une bizarrerie de taille : malgré le jeu en équipe, les coéquipiers agissent paradoxalement comme des obstacles, cherchant à vous ralentir. L’échec d’un membre du groupe entraîne la fin de la partie, même si le chronomètre n’est pas écoulé. Cependant, cette contrainte semble peu importante, car le jeu enchaîne les niveaux sans transition, proposant six pistes identiques en solo ou en écran partagé. Quitter la partie pour revenir au menu ou modifier les paramètres nécessite un redémarrage complet du jeu, une limitation frustrante pour une expérience se voulant dynamique.
La vue à la troisième personne, juste derrière le véhicule, offre une vision panoramique adaptée à la vitesse élevée des bolides. Cette rapidité, souvent mise en avant dans les vidéos promotionnelles avec de nombreux ralentis, rend les obstacles et les subtilités des tracés mémorables uniquement après plusieurs essais. Le jeu donne ainsi l’impression de regarder un épisode de « Fast & Furious » en avance rapide, le tout dans un style rappelant les jouets Hot Wheels.
La maniabilité est l’un des points faibles majeurs du titre. Les développeurs semblent avoir privilégié la vitesse excessive au détriment du contrôle. La direction assistée, l’accélérateur, les freins et un bouton de turbo constituent les commandes principales, auxquelles s’ajoute une touche dédiée au changement de musique. La réactivité latérale des voitures est telle que le moindre contact envoie le véhicule contre un mur, même en ligne droite. Les freinages sont quasiment inutiles, le jeu permettant de continuer sa course malgré des collisions importantes avec des bornes ou des murs. Le jeu propose même des séquences où les voitures s’élèvent dans les airs de manière irréaliste, transformant des sauts ratés en vols stationnaires, avant de s’écraser sur le bitume.
La fonction de dérapage, activée par un double appui sur l’accélérateur, génère un rugissement moteur exagéré, quel que soit le véhicule. Une autre manœuvre, également liée à cette commande, propulse la voiture verticalement, ajoutant à l’absurdité du gameplay. Cette mécanique, bien que spectaculaire, semble n’avoir aucun impact réel sur le déroulement de la course. Le turbo, quant à lui, offre un boost supplémentaire pour les longues lignes droites. Son activation, peu claire dans les menus, se découvre par l’expérience. Son utilité reste toutefois discutable, les adversaires réagissant à la vitesse du joueur comme s’ils y étaient collés, suggérant une domination de l’intelligence artificielle sur les compétences de pilotage du joueur pour atteindre la première place.
Les circuits offrent une certaine variété et un niveau de détail appréciable, avec des pièges dynamiques, des raccourcis et des itinéraires secrets qui rappellent le défunt mais excellent « Split/Second: Velocity ». Cependant, là où ce dernier brillait par sa qualité technique et son gameplay léché, « Fast & Furious: Arcade Edition » accuse le coup. Les graphismes semblent figés dans le passé, avec des modèles et des environnements certes lisibles, mais des textures rudimentaires et une absence totale d’effets d’éclairage modernes. Le rythme effréné parvient à masquer en partie ces lacunes, mais le résultat final évoque davantage les jeux d’arcade du début des années 2000 que les productions haut de gamme attendues en 2025. Sur Xbox Series X, le jeu tourne cependant à une vitesse fulgurante, y compris en écran partagé, et les temps de chargement sont réduits.
Côté son, les effets sont génériques et répétitifs. Les rugissements des moteurs et des turbos sont quasiment identiques pour tous les véhicules. Les impacts produisent quelques bruits métalliques, mais sans grande variété. L’ambiance sonore est soutenue par une bande-son électronique entraînante, renouvelée pour chaque niveau. Bien qu’il soit possible de passer d’une des six pistes proposées à l’autre, la musique finit par lasser rapidement.
Bien que le genre des jeux d’arcade ne promette pas une profondeur de jeu extrême, et que la licence « Fast & Furious » puisse susciter une certaine attente, le résultat est décevant. « Fast & Furious: Arcade Edition » n’est pas seulement un jeu lent et fastidieux, il manque également de logique et de sens dans son gameplay et sa narration. Les développeurs semblent avoir perdu de vue l’essence même du divertissement. Si le jeu peut procurer quelques moments de franche rigolade entre amis, son prix avoisinant les 25 euros semble excessif compte tenu d’un contenu qui peut se boucler en moins de 20 minutes.