Publié le 22 février 2026. Une étude de l’Université de New York remet en question l’idée reçue selon laquelle les cheveux gris sont une fatalité irréversible, suggérant que le processus de blanchiment pourrait être lié à un blocage des cellules souches pigmentaires et potentiellement inversé.
L’apparition des premiers cheveux blancs est souvent perçue comme un signe inéluctable du vieillissement. Pourtant, de nouvelles recherches scientifiques laissent entrevoir une possibilité insoupçonnée : le grisonnement pourrait ne pas être définitif.
L’étude, menée par des chercheurs de l’École de médecine NYU Grossman et publiée dans la prestigieuse revue scientifique Nature, s’est penchée sur le fonctionnement des cellules responsables de la coloration des cheveux. Les résultats indiquent que le vieillissement capillaire ne serait pas nécessairement dû à la mort de ces cellules, mais plutôt à une perte de leur mobilité.
Comment la couleur des cheveux est-elle déterminée ?
La couleur des cheveux est assurée par la mélanine, un pigment produit par des cellules appelées mélanocytes, situées au niveau des follicules pileux. Ces mélanocytes sont issus de cellules souches mélanocytaires (McSC), qui résident dans les follicules et s’activent au moment opportun du cycle de croissance du cheveu.
Dans un fonctionnement normal, chaque nouveau cheveu est pigmenté grâce à ces cellules. Lorsque ce processus est perturbé, le cheveu continue de pousser, mais sans couleur.
Les McSC se déplacent entre deux compartiments du follicule pileux – le renflement et le germe pileux – alternant entre des états de maturité différents en fonction de leur environnement. Ce va-et-vient est essentiel pour capter les signaux chimiques, notamment les protéines appelées WNT, qui activent la production de mélanine.
Or, avec l’âge, certaines de ces cellules souches perdent leur capacité à migrer. Elles se retrouvent « piégées » dans le renflement, sans atteindre le germe pileux où elles recevraient le stimulus nécessaire à la production de pigment.
Que révèlent les tests ?
Des tests réalisés sur des souris ont montré qu’avant un vieillissement accéléré des follicules, environ 15 % d’entre eux présentaient des cellules souches bloquées dans le renflement. Après plusieurs cycles de croissance et de chute des poils, ce taux est monté à près de 50 %. Cela suggère que le blanchiment des cheveux n’est pas lié à la mort des cellules, mais à une perte de mobilité.
L’aspect le plus encourageant de cette découverte est que ces cellules souches ne disparaissent pas au début du processus. Elles restent vivantes à l’intérieur du follicule, mais immobilisées. En théorie, si leur mobilité pouvait être restaurée ou si les signaux chimiques activant la production de mélanine étaient intensifiés, les cheveux pourraient repousser avec leur couleur d’origine.
Au-delà de ses implications esthétiques, cette recherche contribue à une meilleure compréhension du comportement des cellules souches et de leurs mécanismes d’adaptation.
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