Le biopic Michael, réalisé par Antoine Fuqua et sorti aux États-Unis le 24 avril 2026, propose une vision idéalisée de la vie du « Roi de la Pop », occultant volontairement les polémiques liées aux accusations d’abus sexuels pour privilégier une narration centrée sur le succès.
Ce nouveau film retrace l’ascension de Michael Jackson, depuis ses débuts avec les Jackson 5 dans les années 1960 jusqu’à sa tournée mondiale Bad en 1988, culminant avec sa performance au stade de Wembley à Londres. Porté par Jaafar Jackson, le neveu du chanteur, le long-métrage a bénéficié d’un budget compris entre 165 et 200 millions de dollars, pour un box-office s’élevant à 31 millions de dollars.
Cependant, l’œuvre est critiquée pour son approche « révisionniste ». Le scénario a été modifié, notamment lors de reshoots en juin 2025, pour supprimer toute référence aux allégations d’abus sexuels sur mineurs de 1993. Le résultat est décrit comme une sorte de playlist géante de « meilleurs tubes », débarrassée des zones d’ombre qui ont marqué la réputation de l’artiste. Cette volonté de simplification est illustrée par une scène où le producteur légendaire Quincy Jones explique au chanteur que le public recherche avant tout :
« pur escapisme »
Quincy Jones, producteur
Le film s’inscrit dans une tendance croissante de biopics musicaux « autorisés », où les ayants droit contrôlent étroitement le récit et la musique utilisée. Michael rejoint ainsi une liste de productions similaires consacrées à des artistes tels qu’Elton John, Aretha Franklin, Elvis Presley, Whitney Houston, Amy Winehouse, Bob Marley, Robbie Williams, Bob Dylan ou encore Bruce Springsteen.
Ce modèle industriel a été relancé par le succès massif de Bohemian Rhapsody en 2018. Bien que critiqué par la presse spécialisée, le film sur Freddie Mercury, réalisé avec la collaboration du groupe Queen, avait récolté 911 millions de dollars au box-office et remporté quatre Oscars. Au-delà des gains financiers, ce précédent a démontré l’efficacité de ces films pour booster les chiffres de streaming des artistes tout en permettant aux héritiers de maîtriser l’image publique du défunt.