Publié le 21 février 2026 à 20h29. L’ancien président américain Donald Trump a annoncé son intention d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations en provenance de tous les pays, quelques jours après une décision de la Cour suprême qui avait invalidé son précédent programme tarifaire. Cette volte-face intervient alors que l’opinion publique américaine s’inquiète de plus en plus de l’impact des droits de douane sur les prix.
- Donald Trump prévoit d’augmenter les droits de douane sur les importations de 10 % à 15 % (le maximum autorisé par la loi).
- Cette décision fait suite à l’annulation par la Cour suprême de son précédent programme tarifaire, jugé contraire à ses prérogatives.
- L’application de ces nouveaux droits de douane est soumise à l’approbation du Congrès pour une prolongation au-delà de 150 jours, ce qui est incertain compte tenu de l’opposition croissante à ces mesures.
Donald Trump a réagi à la décision de la Cour suprême en annonçant immédiatement l’instauration de droits de douane de 10 % sur l’ensemble des importations, avant de les porter à 15 % le lendemain. Cette nouvelle approche s’appuie sur un article de loi distinct, l’article 122, qui permet d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 15 %, mais nécessite l’aval du Congrès pour toute prolongation au-delà de 150 jours. Aucun président américain n’a encore invoqué cet article, et son utilisation pourrait donner lieu à de nouvelles contestations juridiques.
Dans un message publié sur son réseau social Truth Social, Donald Trump a justifié sa décision en affirmant qu’il allait utiliser cette période de 150 jours pour mettre en place d’autres tarifs « légalement autorisés ». Il a également dénoncé les pays qui, selon lui, « arnaquent » les États-Unis depuis des décennies, sans subir de représailles – du moins jusqu’à son retour au pouvoir.
« En tant que président des États-Unis d’Amérique, je vais, avec effet immédiat, augmenter les droits de douane mondiaux de 10 % sur les pays, dont beaucoup « arnaquent » les États-Unis depuis des décennies, sans représailles (jusqu’à mon arrivée !), au niveau de 15 % entièrement autorisé et légalement testé. »
Donald Trump
La Maison Blanche a précisé que les droits de douane prévus par l’article 122 comprendraient des exemptions pour certains produits essentiels, tels que les minéraux critiques, les métaux et les produits énergétiques.
Wendy Cutler, ancienne responsable du commerce américain et actuelle vice-présidente du groupe de réflexion Asia Society, s’est dite surprise que Donald Trump n’ait pas opté immédiatement pour le taux maximal autorisé par l’article 122. Elle a souligné que ce revirement rapide témoigne de l’incertitude à laquelle sont confrontés les partenaires commerciaux des États-Unis.
Donald Trump a souvent présenté les droits de douane comme son outil préféré en matière de négociation commerciale, n’hésitant pas à attaquer personnellement les juges qui ont remis en question son autorité dans ce domaine. Il a utilisé, ou menacé d’utiliser, les droits de douane pour obtenir des concessions de la part de pays étrangers.
Jamieson Greer, ancien représentant commercial de Donald Trump, a déclaré à la chaîne Fox News que les pays concernés devaient « honorer les accords tarifaires » en vigueur. Il a précisé que les exportations vers les États-Unis en provenance de pays comme la Malaisie et le Cambodge continueraient d’être soumises aux taux négociés de 19 %, même si le taux universel est inférieur.
Cette décision pourrait profiter à des pays comme le Brésil, qui n’avait pas conclu d’accord avec Washington pour réduire son taux tarifaire de 40 %. Le Brésil pourrait ainsi voir son taux baisser à 15 %, au moins temporairement.
L’approbation de la gestion de l’économie par Donald Trump a connu une baisse régulière au cours de son année en fonction. Un sondage Reuters/Ipsos publié lundi révélait que seulement 34 % des personnes interrogées se disaient favorables à sa politique économique, contre 57 % qui la désapprouvaient.