Les marchés de l’énergie ont connu une journée dynamique, avec des prix européens du gaz naturel s’envolant et une stabilité notable côté pétrole pour les acheteurs asiatiques. L’Arabie saoudite a maintenu ses prix de référence inchangés pour l’Asie, mais a opéré des réductions pour les États-Unis et l’Europe, reflétant des anticipations de demande divergentes.
Sur le front du pétrole, les contrats à terme sur le Brent et le West Texas Intermediate (WTI) ont poursuivi leur ascension en début de séance, soutenus par les inquiétudes persistantes quant à l’approvisionnement en provenance de Russie et une augmentation modérée de la production de l’OPEP+. Le différentiel de prix du Brent pour livraison dans le temps s’est légèrement tendu, atteignant 0,42 dollar par baril ce matin, contre 0,37 dollar en fin de semaine dernière.
Dans ce contexte, l’Arabie saoudite a communiqué ses nouveaux Prix de Vente Officiels (PVO) pour les cargaisons de novembre. La prime appliquée au brut phare de la région, l’Arab Light, destiné à l’Asie, est restée stable à 2,20 dollars le baril par rapport à la référence. Cette décision intervient alors que l’OPEP+ a convenu d’une augmentation de production de 137 000 barils par jour pour novembre, et va à l’encontre des attentes générales du marché qui prévoyaient une hausse de 0,30 dollar.
Parallèlement, les PVO pour toutes les qualités de pétrole destinées aux marchés américain et européen ont été révisés à la baisse de 0,50 dollar et 1,20 dollar par baril respectivement. Ces ajustements traduisent une anticipation de ralentissement de la demande dans ces régions.
Du côté du gaz naturel, les prix en Europe ont connu une forte hausse. Les contrats à terme sur le TTF ont clôturé la journée d’hier en progression de 5,3 %, repassant la barre des 33 euros par mégawattheure. Cette dynamique s’explique par les risques d’approvisionnement persistants et les prévisions météorologiques annonçant des températures plus froides, susceptibles d’accroître la demande. Des rapports récents font état d’une intensification des frappes aériennes russes en Ukraine, portant un préjudice supplémentaire aux infrastructures gazières.
Les prévisions météorologiques actuelles suggèrent en outre des températures inférieures à la normale au cours des prochains mois. Cette situation pourrait freiner les injections de gaz dans les stocks, alors que la région se prépare au début de la saison de chauffage. À ce stade, le taux de remplissage des stockages de gaz de l’Union européenne s’établit à 83 %, contre 94,4 % à la même période l’an dernier, et reste en deçà de la moyenne quinquennale de 90,4 %.
Les métaux précieux : la Chine continue d’étoffer ses réserves d’or
La banque centrale chinoise a poursuivi sa politique d’accumulation d’or en septembre, marquant ainsi le onzième mois consécutif d’achats. La Banque populaire de Chine a ajouté 40 000 onces troy (environ 1,24 tonne) à ses réserves, portant le total à 74,06 millions d’onces troy (2 303,5 tonnes). Depuis la reprise de ses achats en novembre 2024, la Chine a acquis un total de 1,26 million d’onces troy (39,2 tonnes), dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes.
Par ailleurs, les données récentes du World Gold Council révèlent que les achats nets des banques centrales mondiales ont atteint 15 tonnes en août. Malgré une pause récente dans ses acquisitions, la Banque nationale de Pologne demeure le principal acheteur d’or de l’année 2025 à ce jour, ayant ajouté 67 tonnes à ses réserves.
Le métal jaune bénéficie d’un soutien marqué, avec des prix au comptant frôlant les 4 000 dollars l’once hier. Cette progression est alimentée par les incertitudes croissantes liées à une potentielle fermeture du gouvernement américain et la tourmente politique en France. Au cours de la deuxième semaine de la fermeture gouvernementale américaine, l’accès aux données économiques clés s’est avéré limité, laissant les investisseurs et la Réserve fédérale dans l’ignorance de l’évolution de la situation. Néanmoins, les opérateurs anticipent toujours une réduction des taux d’intérêt d’un quart de point ce mois-ci.
Dans un autre registre, les remaniements politiques en France et au Japon suscitent des inquiétudes budgétaires. Parallèlement, la demande accrue des investisseurs particuliers et les flux institutionnels en Europe et au Japon soutiennent la tendance haussière des prix de l’or. Le métal précieux a déjà connu une hausse de plus de 50 % depuis le début de l’année, stimulée par les agissements commerciaux et géopolitiques du président américain Donald Trump, qui ont favorisé un mouvement de fuite vers les valeurs refuges et un désamour pour le dollar. Les acquisitions soutenues des banques centrales, les flux constants dans les fonds négociés en bourse (ETF) et les attentes d’une nouvelle baisse des taux directeurs continuent d’alimenter cette dynamique.
Agriculture : la production mondiale de café affiche une légère progression
Les derniers chiffres de l’Organisation Internationale du Café (OIC) indiquent que les exportations mondiales de café ont atteint 11,4 millions de sacs en août 2025, soit une diminution de 3,7 % par rapport à l’année précédente où elles s’élevaient à 11,8 millions de sacs. Cette statistique se décompose en 6,6 millions de sacs pour l’arabica (en baisse de 9,7 % sur un an) et 4,8 millions de sacs pour le robusta (en hausse de 5,9 % sur un an). Sur le cumul annuel, les exportations ont connu une légère augmentation de 0,2 % entre octobre 2024 et août 2025, pour s’établir à 127,9 millions de sacs.
Les données les plus récentes du ministère indien de l’Agriculture montrent que les plantations totales pour la campagne en cours atteignent 112,2 millions d’hectares au 3 octobre, contre 111,5 millions d’hectares à la même période l’année dernière. Cette augmentation est principalement due à la culture de la canne à sucre, dont les plantations ont progressé de 10,7 % par rapport à l’année précédente et de 3,3 % d’une semaine à l’autre. Ces chiffres s’expliquent en grande partie par des conditions météorologiques favorables dans les principales régions de production.
Les données hebdomadaires d’inspection des exportations publiées par l’USDA pour la semaine se terminant le 2 octobre indiquent une augmentation des expéditions de maïs et de soja américains, tandis que les exportations de blé ont ralenti la semaine dernière. Les inspections hebdomadaires du maïs américain à l’exportation se sont élevées à 1 600 tonnes métriques (kt), contre 1 539,3 kt la semaine précédente et 948,2 kt un an auparavant.
De même, les inspections d’exportation de soja américain ont atteint 768 kt durant la semaine, dépassant les 610,6 kt de la semaine précédente, mais restant bien en deçà des 1 625,6 kt enregistrés l’année dernière. Parallèlement, les inspections d’exportation de blé américain se sont élevées à 505 kt, contre 873,6 kt une semaine plus tôt et 364,8 kt pour la même période l’an dernier.