Home Santé Gimbe, 13 milliards de moins en 3 ans pour la santé publique. Les dépenses privées explosent : +137%

Gimbe, 13 milliards de moins en 3 ans pour la santé publique. Les dépenses privées explosent : +137%

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Publié le 2024-05-08 10:30:00. La santé publique en France subit un « démantèlement lent mais inexorable », alertent des experts, pointant un financement insuffisant et une dégradation des services qui profitent au secteur privé, creusant les inégalités. Un rapport de la Fondation Gimbe révèle que plus de 5,8 millions d’Italiens ont renoncé aux soins pour raisons économiques.

  • Le financement de la santé publique, bien qu’en hausse absolue, diminue proportionnellement au PIB, entraînant une perte réelle de 13,1 milliards d’euros sur trois ans (2023-2025).
  • Les listes d’attente s’allongent, le personnel soignant est surmené et les urgences sont sous pression constante.
  • Les dépenses des ménages dans le « pur privé » ont explosé de 137 % depuis 2016, accentuant le clivage entre ceux qui peuvent se soigner et les autres.

La Foundation Gimbe, via son rapport annuel, dresse un constat alarmant : les politiques sanitaires actuelles fragilisent le service public de santé au profit d’intérêts privés. Nino Cartabellotta, président de l’organisation, dénonce cette tendance :

« Nous sommes témoins d’un démantèlement lent mais inexorable du système de santé national, qui ouvre inévitablement la voie aux intérêts privés sous toutes leurs formes. Continuer à détourner le regard signifie condamner des millions de personnes à renoncer à leur droit à la santé. Les inégalités s’accroissent, les familles sont écrasées par des dépenses insoutenables et le personnel soignant est de plus en plus démotivé. »

Nino Cartabellotta, président de la Fondation Gimbe

En 2024, près de 9,9 % de la population, soit plus de 5,8 millions de personnes, n’ont pas eu accès aux soins pour des raisons économiques. Ce chiffre atteint des sommets dans certaines régions, comme en Sardaigne où il monte à 17,7 %. Les inégalités territoriales sont criantes : seules 13 régions respectent les « Niveaux Essentiels d’Assistance » (LEA), et au Sud, seules les Pouilles, la Campanie et la Sardaigne sont considérées. Ce déséquilibre contraint les citoyens à se déplacer pour se faire soigner, engendrant une mobilité des soins qui coûte plus de 5 milliards d’euros, bénéficiant principalement aux régions du Nord. L’espérance de vie reflète également cet écart, étant en moyenne de trois ans inférieure dans le Sud.

Le président de Gimbe met en garde contre l’évolution de l’écosystème privé de la santé :

« Ce scénario documente une évolution de l’écosystème privé des soins de santé, où le marché libre se développe grâce aux synergies entre les financiers privés et les prestataires, créant une piste parallèle et indépendante du secteur public, réservée uniquement à ceux qui en ont les moyens. Aucun gouvernement n’a jamais déclaré son intention de privatiser le système de santé. Mais l’affaiblissement continu du secteur public favorise l’expansion du secteur privé. »

Nino Cartabellotta, président de la Fondation Gimbe

Dans ce contexte, l’objectif de protection de la santé publique semble céder la place à une logique entrepreneuriale visant à générer des profits. En 2023, sur 29 386 structures sanitaires, 17 042 (soit 58 %) étaient privées et accréditées, dominant dans des domaines clés comme les soins résidentiels (85,1 %), la rééducation (78,4 %) et les soins ambulatoires spécialisés (59,7 %). Le « pur privé » connaît une croissance fulgurante : entre 2016 et 2023, les dépenses des familles dans ces établissements ont plus que doublé, passant de 3,05 milliards à 7,23 milliards d’euros.

Les données de l’Istat pour 2024 confirment cette tendance : sur un budget total de 185,12 milliards d’euros pour la santé, la dépense publique représente 137,46 milliards (74,3 %). Le reste, soit 47,66 milliards, est d’origine privée. Parmi eux, 41,3 milliards (22,3 %) sont directement à la charge des familles (« de leur poche »), et 6,36 milliards (3,4 %) proviennent de mutuelles et d’assurances. Au total, 86,7 % des dépenses privées pèsent directement sur les citoyens. Cartabellotta conclut :

« L’augmentation des coûts supportés par les familles rompt le pacte entre les citoyens et les institutions, avec des millions de personnes contraintes de payer leurs soins de santé de leur propre poche ou, si elles sont indigentes, de renoncer aux prestations. Il n’y a plus la certitude de pouvoir compter sur un système de santé publique qui garantit des certitudes. »

Nino Cartabellotta, président de la Fondation Gimbe

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