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Gisèle Pélicot raconte son épreuve de viol

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Publié le 2026-02-17 19:14:00. Gisèle Pélicot, victime d’un viol collectif organisé par son mari, publie ses mémoires où elle raconte son calvaire et les raisons qui l’ont poussée à briser le silence, un témoignage qui a déjà conduit à une évolution de la législation française sur les violences sexuelles.

  • Gisèle Pélicot révèle dans ses mémoires les détails glaçants des violences qu’elle a subies pendant des années.
  • L’affaire a conduit à la condamnation de son ex-mari et de 50 autres hommes pour viol.
  • Le témoignage de Mme Pélicot a suscité un élan de solidarité et a contribué à une révision de la loi française sur le viol.

Dans « Un hymne à la vie », Gisèle Pélicot, aujourd’hui âgée de 73 ans, raconte comment son mari l’a droguée et permis à des dizaines d’hommes de l’agresser sexuellement. Elle explique avoir choisi de renoncer à son droit à l’anonymat pour que les coupables ne puissent plus se dissimuler dans l’ombre. « Personne ne saura jamais ce qu’ils m’ont fait… Personne, en dehors des personnes impliquées dans le procès, ne verrait leurs visages, ne les regarderait de haut en bas et ne se demanderait comment distinguer les violeurs parmi leurs voisins et collègues », écrit-elle.

Le récit de la découverte de la vérité est particulièrement poignant. La police, initialement, s’était interrogée sur un éventuel penchant pour l’échangisme au sein du couple. C’est en lui montrant des photographies d’elle, inconsciente, au milieu d’inconnus que les enquêteurs lui ont révélé l’ampleur du crime. « L’officier donne un numéro. Il me dit que cinquante-trois hommes étaient venus chez moi pour me violer », confie-t-elle dans ses mémoires.

Mme Pélicot décrit également la solitude et la honte qui ont suivi la révélation, ainsi que la difficulté d’en parler à ses proches, notamment à sa fille Caroline, qu’elle craignait de voir sombrer à son tour. Elle évoque un sentiment d’attente, d’humiliation, comparant son état à celui d’un « chien attendant son maître devant la porte du jardin ».

Si Gisèle Pélicot n’a pas directement interpellé son ex-mari durant le procès, elle envisage désormais de lui rendre visite en prison. Elle souhaite obtenir des réponses à des questions fondamentales : « Avez-vous déjà pensé : « Je dois arrêter » ? Avez-vous abusé de notre fille ? Avez-vous commis le crime le plus abject de tous ? Avez-vous une idée de l’enfer dans lequel nous vivons ?… Avez-vous tué ?… » Elle ressent le besoin de comprendre, estimant qu’il lui doit des explications.

Le soutien qu’elle a reçu, notamment à travers les milliers de lettres de femmes du monde entier et la présence de personnes venues la soutenir devant le tribunal, a été une source de force inestimable. « Peu de temps après le début du procès, on a commencé à me présenter une liasse de correspondance à la fin de chaque journée… Je préférais lire leurs lettres plutôt que les journaux ; ils m’ont donné l’occasion d’écouter les voix des femmes », témoigne-t-elle.

Contre toute attente, Gisèle Pélicot a retrouvé l’amour auprès d’un homme rencontré grâce à des amis communs. Elle se souvient d’un sentiment de bonheur intense lors de leur première rencontre. « J’avais besoin d’aimer à nouveau. Je n’avais pas peur. … J’ai toujours confiance dans les gens. Autrefois, c’était ma plus grande faiblesse. Maintenant, c’est ma force. Ma vengeance », conclut-elle, affirmant que sa foi en l’humanité est désormais sa plus belle arme.

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