Il y a moins d’un siècle, les maladies infectieuses étaient la première cause de décès, frappant sans distinction les citoyens ordinaires et les plus hautes sphères du pouvoir. L’histoire de santé de nos présidents américains révèle l’ampleur de ces épidémies et la fragilité de la vie à une époque où les antibiotiques étaient inexistants.
Les premiers temps de la nation américaine furent marqués par une lutte constante contre les maladies. Choléra, grippe, variole, fièvre jaune et une multitude d’infections se propageaient rapidement, affectant tous les présidents, sans exception. La tuberculose, en particulier, était une menace persistante, emportant la vie du frère de George Washington, de l’épouse de Martin Van Buren, et de deux fils d’Abraham Lincoln. Plus tard, Richard Nixon perdit également deux frères à cette maladie.
Le paludisme, transmis par les moustiques, était endémique aux États-Unis jusqu’aux années 1950. Des présidents comme George Washington, James Monroe et Andrew Jackson ont contracté la maladie lors de leurs voyages dans le sud du pays. Même Abraham Lincoln et James Garfield, plus au nord, n’ont pas été épargnés, tout comme la Première Dame de ce dernier, qui tomba malade alors qu’elle résidait à la Maison Blanche.
Le choléra, propagé par l’eau contaminée, a également causé de nombreuses victimes. La mère d’Andrew Jackson et la fille de Millard Fillmore en sont décédées. James Polk succomba à la maladie quelques semaines seulement après avoir quitté ses fonctions, et son successeur, Zachary Taylor, mourut du choléra l’année suivante, alors qu’il était encore en poste.
Les infections post-opératoires, ou septicémies, représentaient un danger mortel. Sur les quatre présidents assassinés par balle, deux – James Garfield et William McKinley – ne sont pas morts des suites de leurs blessures, mais des infections qui se sont développées par la suite. Dans le cas de Garfield, les médecins ont aggravé la situation en sondant sa blessure avec des instruments non stérilisés. McKinley, quant à lui, est décédé d’une gangrène suite à une tentative chirurgicale pour retirer la balle.
La dysenterie, une infection gastro-intestinale courante, sévissait particulièrement dans les zones surpeuplées. Washington, D.C., construite sur un terrain marécageux et manquant d’infrastructures sanitaires adéquates, était un foyer de maladies. Le canal de Washington, censé être une voie navigable commerciale, s’était transformé en un égout à ciel ouvert, favorisant la propagation des infections. Le président James Buchanan, ainsi que de nombreux autres responsables, tombèrent malades lors d’une épidémie à l’Hôtel National, qui coûta la vie à son neveu préféré.
L’acceptation de la théorie des germes, l’introduction de pratiques antiseptiques et, finalement, la découverte des antibiotiques ont permis de réduire considérablement l’incidence de ces maladies. Aujourd’hui, les épidémies de choléra, de diphtérie, de fièvre jaune, de paludisme et autres infections qui ont autrefois ravagé la population américaine sont, heureusement, reléguées au passé. Même lorsque des infections graves surviennent, comme la méningite dont a souffert la fille de l’ancien président Obama, des traitements efficaces sont disponibles.
En cette journée dédiée aux présidents, il est important de se souvenir que, pendant la majeure partie de l’histoire américaine, l’infection était une menace omniprésente. Grâce aux progrès de la médecine, nous disposons aujourd’hui d’outils pour lutter contre ces maladies et protéger notre santé. Il est essentiel de soutenir la gestion responsable des antibiotiques et de promouvoir la vaccination pour éviter un retour à ces temps sombres.