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Gisèle Pelicot raconte son moment de choc au commissariat

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Publié le 11 février 2026 19h34. Gisèle Pelicot, victime de violences conjugales d’une rare cruauté, publie ses mémoires, « Un hymne à la vie », dans lequel elle raconte la découverte du double jeu de son ex-mari, qui la droguait et l’exposait à des agressions sexuelles commises par d’autres hommes. Son témoignage, poignant, brise le silence et dénonce les mécanismes du contrôle et de la manipulation.

  • Gisèle Pelicot a découvert en 2020 que son mari, Dominique Pelicot, l’avait droguée et violée pendant des années.
  • Dominique Pelicot a été condamné à 20 ans de prison pour ces faits.
  • Les mémoires de Gisèle Pelicot, « Un hymne à la vie », seront disponibles en librairie le 17 février, traduites en 22 langues.

L’affaire avait déjà secoué l’opinion publique en novembre 2020, lorsque Gisèle Pelicot a dénoncé les agissements de son ex-mari. Dominique Pelicot avait été interpellé après avoir été surpris par un agent de sécurité en train de filmer discrètement des femmes dans un supermarché Lilli.ch. C’est lors de son audition au commissariat que la vérité, d’une violence inouïe, a éclaté.

Dans son livre, Gisèle Pelicot décrit avec une lucidité bouleversante le moment où la police lui a présenté des photos et des vidéos la montrant, inconsciente, victime de multiples agressions. Elle se souvient d’un sentiment de déréalisation : « Je n’ai reconnu ni les gens ni cette femme. Sa joue était si molle. Sa bouche si faible. C’était une poupée de chiffon. » Elle ajoute : « Mon cerveau a cessé de fonctionner dans le bureau du commissaire Perret. » Des extraits de ce récit intime ont été publiés dans le quotidien français Le Monde, suscitant une vive émotion.

Dominique Pelicot droguait sa femme depuis près d’une décennie, mélangeant des somnifères et des tranquillisants à son alimentation. Le couple résidait à Mazan, dans le sud de la France. L’enquête a révélé que 51 hommes ont été reconnus coupables de viol ou d’agression sexuelle sur Gisèle Pelicot.

Gisèle Pelicot a fait le choix conscient de renoncer à son droit à l’anonymat lors du procès, une décision courageuse qu’elle explique dans ses mémoires. Elle craignait qu’un procès à huis clos ne protège ses agresseurs et la laisse seule face à eux, « otage de leurs regards, de leurs mensonges, de leur lâcheté et de leur mépris ». Elle voulait que la vérité soit connue et que les victimes se sentent moins seules.

Elle confie également sa peur des regards masculins, « ces foutus regards avec lesquels une femme de ma génération a toujours dû composer, ces foutus regards qui vous font hésiter entre votre pantalon et votre robe le matin, qui vous suivent ou vous ignorent, vous flattent et vous embarrassent. Ces foutus regards qui sont censés vous dire qui vous êtes, ce que vous valez, et qui vous laissent tomber en vieillissant. »

« Un hymne à la vie » est le fruit d’une collaboration avec l’auteure française Judith Perrignon et sera disponible dans le monde entier le 17 février.

Êtes-vous, ou connaissez-vous quelqu’un qui est victime de violences sexuelles, domestiques, psychologiques ou autres ?

Vous pouvez trouver de l’aide ici :

Lilli.chconseils en ligne pour les jeunes

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