Home Santé Grâce également à la vaccination contre la varicelle : le risque de maladie d’Alzheimer a diminué

Grâce également à la vaccination contre la varicelle : le risque de maladie d’Alzheimer a diminué

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Publié le 15 février 2026 à 18h30. Contrairement aux idées reçues, le risque de démence a considérablement diminué au cours des dernières décennies, une tendance inattendue qui pourrait être liée à l’évolution de nos modes de vie et à la vaccination.

  • Le nombre de cas de démence par tranche d’âge a diminué de deux tiers aux États-Unis entre 1984 et 2024.
  • La vaccination contre la varicelle (varicelle et zona) réduit le risque de développer une démence de 20 %, selon des études récentes menées au Pays de Galles, en Australie et au Canada.
  • Des facteurs tels que la diminution du tabagisme, l’augmentation du niveau d’éducation et l’amélioration des traitements contre le diabète, l’hypertension et l’hypercholestérolémie pourraient expliquer cette tendance positive.

Les diagnostics de démence sont naturellement plus fréquents avec le vieillissement de la population. Pourtant, une étude surprenante révèle que le risque de développer cette maladie a en réalité baissé de manière significative au cours des quarante dernières années. Une découverte qui remet en question les prévisions alarmistes et ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte contre la démence.

Plusieurs facteurs de risque de démence sont désormais mieux compris et plus facilement traitables qu’auparavant. Le diabète, l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle, la perte auditive et la perte de vision sont autant d’éléments sur lesquels il est possible d’agir. Cependant, il est important de se rappeler que les générations précédentes ont souvent été confrontées à des conditions de vie plus difficiles, marquées par la malnutrition et les traumatismes de l’enfance, notamment pendant la Grande Dépression et les deux guerres mondiales.

La vaccination joue un rôle clé dans cette évolution positive. Des études menées au Pays de Galles et en Australie ont démontré que la vaccination contre la varicelle (varicelle et zona) réduit le risque de démence de 20 % chez les personnes vaccinées. Une enquête récente menée au Canada confirme ces résultats. Une étude de 2024 publiée dans la revue Nature a même mis en évidence un effet encore plus important avec le vaccin Shingrix.

Mais l’élément le plus frappant reste la diminution globale des cas de démence. Des chercheurs de la Duke University School of Medicine ont constaté que le nombre de cas de démence par tranche d’âge a diminué de deux tiers aux États-Unis entre 1984 et 2024 ! Cette tendance a également été observée en Suède, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et en France, malgré des méthodes d’enquête différentes.

Les données révèlent une diminution constante de la proportion de personnes atteintes de démence en fonction de leur année de naissance. Alors que 30 % des personnes âgées de 85 à 89 ans nées aux États-Unis entre 1895 et 1899 souffraient de démence, ce chiffre n’était plus que de 13 % pour celles nées entre 1935 et 1939. En 2024, seulement 10 % des personnes âgées de 85 à 89 ans présentent un risque de démence.

Qu’est-ce qui a gardé notre cerveau en bonne santé ?

« Ces baisses étaient inattendues et largement ignorées », soulignent les chercheurs. Le déclin observé est de l’ordre de 2,5 à 3 % par an, et ne montre aucun signe de ralentissement.

Quels sont donc les facteurs qui ont contribué à préserver la santé cérébrale des générations nées au cours du 20e siècle ? Et cette tendance va-t-elle se poursuivre pour les générations futures ?

Selon les chercheurs, la diminution du tabagisme et l’augmentation du niveau d’éducation (en particulier chez les femmes) sont deux facteurs potentiels. D’autres facteurs de risque de démence, tels que le diabète, l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle, la perte auditive et la perte de vision, sont également devenus plus traitables au fil du temps.

Des évolutions positives également ces derniers temps

Le nombre de fumeurs a commencé à diminuer lentement à partir de 1965, à mesure que les conséquences du tabagisme étaient mieux connues. Les antidépresseurs ont également fait leur apparition. À partir des années 1970, la consommation d’alcool a également commencé à baisser. Dans les années 1980, la qualité de l’air, un facteur important pour la santé cérébrale, s’est améliorée, notamment en Suisse.

Ces évolutions récentes sont des signes encourageants qui laissent espérer que cette tendance positive se poursuivra pour les générations futures. Les chercheurs estiment que, si l’effet persiste, le fardeau de la démence sera nettement inférieur aux prévisions actuelles.

« La génération d’après-guerre a vécu en paix et bien. Les générations suivantes pourraient à nouveau avoir davantage de problèmes. Mais ce ne sont que des hypothèses. Les recherches à ce sujet et la collecte de données ne font que commencer réellement. »

Bogdan Draganski, professeur de démence et de maladies neurodégénératives

Cependant, de nouveaux risques sont apparus ou se sont intensifiés au cours des 130 dernières années, notamment l’obésité et le manque d’exercice. Bien que le diabète soit désormais plus facilement traitable, sa prévalence a également augmenté. Et contrairement aux pays européens mentionnés, le Japon n’a pas connu de tendance positive dans le passé. Aux États-Unis, des incidences croissantes ont même été observées au sein de la population afro-américaine.

Certains experts pensent qu’un vaccin contre la démence pourrait un jour devenir réalité, en exploitant le système immunitaire pour éliminer les protéines nocives qui s’accumulent dans le cerveau avec l’âge.

Les virus de l’herpès sont depuis longtemps soupçonnés de favoriser la démence. Il semblerait qu’une vaccination puisse être bénéfique, même lorsque les premiers symptômes sont déjà présents. L’effet est cependant moins marqué chez les hommes.

Le médecin américain Eric Topol a récemment résumé ses conclusions sur la plateforme Substack en ces termes : « Si ce vaccin était un médicament et réduisait le risque de maladie d’Alzheimer de 20 %, ce serait une avancée majeure. »

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