Publié le 24 février 2026 11:41:00. Une décision judiciaire controversée au Brésil a acquitté un homme accusé de viol sur une mineure de 12 ans, invoquant un « lien affectif consenti », ravivant le débat sur la protection des enfants et la normalisation des mariages précoces dans le pays.
- Un tribunal du Minas Gerais a acquitté un homme de 35 ans accusé de viol sur une fillette de 12 ans, estimant qu’il existait entre eux un « lien affectif consenti ».
- Environ 34 000 filles brésiliennes de moins de 14 ans se sont déclarées « mariées » lors du dernier recensement, malgré l’illégalité des mariages avant l’âge de 16 ans.
- L’affaire a suscité une rare condamnation commune de la gauche et de la droite politique brésiliennes, ainsi qu’une enquête ordonnée par le Conseil national de la justice.
La décision du tribunal du Minas Gerais a provoqué une onde de choc au Brésil, mettant en lumière les défis persistants dans la lutte contre les abus sexuels sur mineurs et les mariages forcés. L’affaire, qui a débuté en 2024 lorsqu’une fillette de 12 ans a cessé de fréquenter l’école à Indianapolis, une petite ville de l’État du Minas Gerais, a révélé qu’elle vivait avec un homme de 35 ans avec l’accord de sa mère. Bien que le Code pénal brésilien considère toute relation sexuelle avec un mineur de moins de 14 ans comme un crime, le juge rapporteur a estimé que les circonstances de cette affaire étaient particulières, justifiant l’acquittement.
Cette décision n’est pas un cas isolé. Le site UOL a recensé neuf acquittements similaires en 2024 et 2025 dans des affaires impliquant des adultes accusés de viol sur des enfants de moins de 14 ans, et dans chacun de ces cas, le juge présidant était un homme. Luciana Temer, présidente de l’Institut Liberta, une organisation de défense des droits de l’enfant, a souligné la nécessité d’un changement de mentalité pour lutter contre ce problème culturel profondément enraciné.
« Nous devons changer les mentalités des gens car il s’agit d’un problème culturel profondément enraciné. »
Luciana Temer, présidente de l’Institut Liberta
L’affaire intervient après d’autres controverses liées aux mariages précoces au Brésil, notamment le mariage en 2023 d’un maire de 65 ans avec une adolescente qui avait eu 16 ans la veille. La décision du tribunal a suscité une rare unité d’opinion parmi les législateurs de tous bords politiques, de l’ultraconservateur Nikolas Ferreira à la députée transgenre Erika Hilton, qui ont tous deux condamné l’acquittement.
Le Conseil national de la justice a demandé des explications au tribunal du Minas Gerais, et les ministères des Droits de l’Homme et de la Femme ont publié une déclaration commune condamnant la décision, rappelant que 34 000 filles ont déclaré être mariées lors du dernier recensement. Des statistiques alarmantes révèlent également que 38 bébés naissent chaque jour au Brésil de mères de moins de 14 ans.
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