Publié le 15 janvier 2026. Le groupe Galletas Gullón, basé à Palencia, a franchi un nouveau cap en 2025, affichant un chiffre d’affaires record de 750 millions d’euros et se projette désormais vers le milliard d’euros de ventes en 2030, porté par une stratégie d’expansion internationale.
- Galletas Gullón a enregistré une croissance de 7,6 % en 2025, atteignant 750 millions d’euros de chiffre d’affaires.
- L’entreprise mise sur l’international pour compenser la stagnation du marché espagnol des biscuits, en baisse de 3,2 % en volume.
- Gullón envisage une acquisition en Europe, potentiellement en France, pour renforcer sa position sur le marché.
Malgré un marché espagnol des biscuits en repli, Galletas Gullón a su tirer son épingle du jeu en 2025. L’entreprise familiale a enregistré une croissance de 7,6 %, atteignant un chiffre d’affaires de 750 millions d’euros, un record pour le groupe. Cette performance contraste fortement avec la tendance générale du secteur, qui a connu une baisse de 3,2 % en volume après trois années de croissance, selon les données fournies par la direction de Gullón.
« Nous sommes le seul des grands acteurs du secteur à avoir progressé », souligne Juan Miguel Martínez Gabaldón, PDG de Gullón. Il met en garde contre la fragilité du marché intérieur : « Le marché ne croît pas. Ce que l’on gagne en quelques années, on peut le perdre en une seule. La population vieillit et il faut chercher la croissance à l’extérieur. »
L’international est donc au cœur du plan stratégique de Gullón jusqu’en 2030. L’entreprise ambitionne de dépasser, d’ici 2030, le chiffre d’affaires généré en Espagne grâce à ses exportations. Son PDG estime même que cet objectif pourrait être atteint plus tôt, au vu du rythme actuel de progression. Fin 2025, les exportations représentaient déjà 45 % du chiffre d’affaires total, en hausse d’un point par rapport à l’année précédente.
« Nous avons connu une croissance dans presque tous les pays où nous sommes présents, et je pense que cette dynamique va se poursuivre avec force », assure Juan Miguel Martínez Gabaldón. Gullón commercialise ses produits dans 125 pays. L’entreprise privilégie une double approche : développer les marchés émergents, notamment en Chine, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où la demande est soutenue par une forte natalité, et renforcer sa présence dans les pays où elle est déjà implantée, notamment via ses filiales en Europe.
C’est dans ce contexte que Gullón envisage sa première opération d’acquisition, potentiellement en Europe. « Nous constatons une forte concentration dans la distribution et la fabrication en Europe, et à l’avenir, il faudra un marché unique encore plus clair. Pour nous, cela impliquera l’acquisition d’une entreprise de biscuits », explique le PDG. Le marché français, en raison de sa proximité géographique, apparaît comme une cible logique, mais l’entreprise privilégiera avant tout une acquisition correspondant à son profil et offrant une sécurité juridique et monétaire.
Concernant les États-Unis, où Gullón possède également une filiale, l’entreprise adopte une approche prudente. « Nous restons en attente », indique Juan Miguel Martínez Gabaldón, évoquant l’incertitude politique et les fluctuations des chaînes d’approvisionnement. Il exclut toutefois un retrait du marché américain.
Gullón ne communique pas sur l’évolution de sa rentabilité en 2025. En 2024, le groupe avait enregistré un bénéfice net de 83,7 millions d’euros, en hausse de 40 %, un record à ce jour. « Les résultats sont automatiquement réinvestis. Nous sommes une entreprise familiale, nous ne mettons pas en jeu la stabilité de l’entreprise ou de la région pour des objectifs de profit », précise Juan Miguel Martínez Gabaldón.
Pour soutenir sa croissance, Gullón investit massivement dans ses capacités de production. L’entreprise, qui emploie 2 300 personnes, lancera cette année cinq nouvelles lignes de production dans son usine VIDA 2 à Aguilar de Campoo, pour un investissement total de 20 millions d’euros.
Le début d’année 2026 confirme la tendance baissière du secteur. En janvier, le volume des ventes a diminué de 1,6 %, tandis que Gullón a enregistré une progression de 2,4 %. « L’année a commencé un peu en baisse, mais nous espérons qu’elle se redressera », conclut Juan Miguel Martínez Gabaldón.