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Gurría Treviño, le salaire mensuel était équivalent à celui de deux présidents du Mexique

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Publié le 22 février 2026 09:57:00. En 1999, la retraite anticipée et les avantages considérables accordés à José Ángel Gurría Treviño, alors secrétaire aux Finances et au Crédit public, ont suscité un tollé au Mexique, révélant des pratiques jugées illégitimes et alimentant les critiques sur les privilèges accordés aux hauts fonctionnaires.

En novembre 1999, José Ángel Gurría Treviño était le fonctionnaire le mieux rémunéré de l’administration publique mexicaine, avec un salaire mensuel avoisinant les 300 000 pesos, l’équivalent de celui de deux présidents de la République. Mais le scandale a pris de l’ampleur lorsque l’annonce a été faite qu’il percevrait également une pension mensuelle de plus de 80 000 pesos, sans avoir atteint l’âge ou le nombre d’années de service requis par la loi.

Le député Marcelo Ebrard a dénoncé cette situation le 16 novembre lors de l’examen du budget de l’année suivante, 2000, devant la Chambre des députés. Il a révélé l’existence d’une ligne budgétaire spécifique, surnommée « la partie Gurría », allouant 1 127 000 pesos à sa pension de retraite illégale. Ebrard a souligné que cette somme aurait pu financer les salaires de 7 811 travailleurs au salaire minimum.

Ebrard a insisté sur le caractère illégitime de cette retraite, tout en précisant que Gurría Treviño touchait déjà 300 000 pesos par mois en tant que secrétaire d’État, soit l’équivalent de deux fois le salaire du président de l’époque, Ernesto Zedillo. Il recevait donc 85 413 pesos par mois de pension en plus de son salaire.

Une commission d’enquête a été mise en place par la Chambre des députés pour examiner le système de retraite de Nafin. Les résultats de cette enquête devaient être présentés avant le 15 décembre 1999.

Les partis d’opposition ont annoncé qu’ils présenteraient des conclusions sur l’enquête concernant les départs à la retraite de José Ángel Gurría Treviño, ainsi que de Oscar Espinosa Villarreal, secrétaire au Tourisme, et Arturo Ortiz Hidalgo, directeur du Trust de liquidation, les jugeant tous « illégitimes ». Gurría Treviño avait 43 ans et 11 mois au moment de sa retraite, avec une ancienneté reconnue de 19 ans et 7 mois par Nafin. Espinosa Villarreal avait 40 ans et 6 ans de service, tandis qu’Ortiz Hidalgo avait 45 ans et 10 mois et 22 ans et 6 mois de service.

L’opposition a dénoncé un « régime privilégié » permettant aux fonctionnaires de prendre leur retraite de manière anticipée. Dans le cas de Gurría Treviño, il n’avait accompli que 19 ans et 7 mois de travail, alors que 20 ans étaient requis pour bénéficier d’une pension. Certains législateurs du PRD et du PAN ont même suggéré d’engager une procédure politique contre Gurría Treviño pour perte de confiance.

Face à la polémique et à la pression de l’opinion publique, Gurría Treviño a annoncé le 7 décembre 1999 qu’il ferait don temporairement de sa pension à deux organisations à but non lucratif, Asie-Pacifique et Défí, et qu’il ne percevrait pas ce fonds de retraite tant qu’il occuperait une fonction publique. Il a qualifié les accusations portées contre lui de calomnieuses.

L’opposition a estimé que ce don temporaire ne l’exonérait d’aucune responsabilité ni du préjudice causé aux finances publiques. Une enquête a également été ouverte contre Oscar Espinosa Villarreal pour des pertes estimées à près de 20 milliards de pesos (mdp) chez Nacional Financiera.

Le 19 décembre 1999, la Chambre des Sénateurs a convenu de demander à la Chambre des Députés d’allouer 8,518 millions de pesos supplémentaires au budget de dépenses de 2001 afin d’augmenter les pensions de retraite des retraités de l’IMSS, de l’ISSSTE et des Ferrocarrileros, ainsi que celles des veuves percevant moins d’un salaire minimum.

En mars 2000, Andrés Manuel López Obrador, alors candidat du PRD à la mairie de Mexico, a proposé de supprimer les pensions des fonctionnaires comme Oscar Espinosa Villarreal et José Ángel Gurría, estimant qu’il était inacceptable qu’ils perçoivent 30 000 pesos par mois alors que les retraités de la Sécurité sociale ne recevaient que 1 047 pesos.

La controverse autour de la pension de José Ángel Gurría Treviño a continué en 2000, mais a progressivement été éclipsée par l’approche des élections présidentielles.

  • Sources :
  • Archives du journal EL UNIVERSAL

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