Le petit écran a profondément marqué Guy Jodoin, l’animateur du populaire jeu télévisé « Le Tricheur », qui en sera à sa dernière année. Ses souvenirs d’enfance devant la télévision ont façonné son parcours artistique et son approche unique de l’humour.
Dès son plus jeune âge, Guy Jodoin a été immergé dans le monde de la télévision. Les émissions éducatives diffusées à la garderie ont semé les premières graines, avec des programmes comme « Les cent tours de Centour » et « Les Oraliens » qui l’ont particulièrement marqué. Plus tard, à six ans, « Bobino » est devenu un rendez-vous incontournable, malgré les tentatives de ses frères aînés de l’attirer vers leurs émissions américaines.
Les après-midis étaient rythmés par une sélection de programmes qu’il qualifie aujourd’hui de « pépites d’or ». Entre 16h30 et 17h, il ne manquait pas « Fanfreluche », « Sol et Gobelet », « Le Pirate Maboule », « Marie Quat’Poches », « Nic et Pic », « La Ribouldingue », « Grujot et Délicat » et « Le Grenier » avec Gérard Poirier. La rencontre avec ce dernier, des années plus tard, lors d’une improvisation à Radio-Canada, fut déterminante. À 17 ans, il avait demandé conseil au comédien sur la manière d’exercer ce métier. La réponse de Gérard Poirier, « Sois unique », lui a semblé énigmatique sur le moment, mais il en a rapidement saisi la portée : cultiver sa propre identité plutôt que d’imiter, afin d’inspirer les plus jeunes.
Les soirées du samedi étaient également consacrées à la télévision. « Bagatelle », suivi de « La Soirée canadienne » et du hockey, constituaient le programme familial. Ces moments étaient empreints d’une douce rivalité, chaque membre de la famille s’identifiant à un joueur. Si pour ses frères aînés, le nom de Guy Lafleur était un obstacle en raison de leur prénom commun, pour le jeune Guy, devenir une star du salon à travers le célèbre numéro 10 était une façon de vivre sa passion pour le hockey, lui qui, asthmatique et peu doué sur la glace, n’avait marqué qu’un seul but.
L’influence de Gilles Latulippe et de son personnage de Symphorien fut particulièrement marquante. « J’ai rencontré Gilles Latulippe à travers la télé. Il était brillant, beau à voir et avait du fun. Il m’a inspiré », confie Jodoin. Cette fascination pour le comédien a nourri son désir de faire carrière dans le jeu : « Je me suis dit que je ne voulais pas travailler dans la vie; je voulais jouer. » Il a également puisé dans l’humour absurde de programmes comme « Pop Citrouille », « La Fricassée » et « Court circuit ». Par ailleurs, il a beaucoup regardé « Les Tannants » et a affirmé avoir « tout appris ce que j’avais à apprendre auprès d’elle » en référence à Janette.
Guy Jodoin reconnaît avoir passé un temps considérable devant le petit écran : « Je l’ai écoutée comme tu peux même pas te l’imaginer. » Il organisait méticuleusement ses soirées, s’assurant de 19h à 21h, une plage horaire exclusive pour ses visionnements. Cette période, qu’il qualifie d’« égocentrique », lui permettait d’absorber le meilleur de chaque chaîne.
Actuellement, Guy Jodoin anime « Le Tricheur » pour la 15e et dernière saison. L’émission est diffusée sur TVA du lundi au vendredi à 18h30. Il participe également à la distribution de la série « La dernière communion », où il interprète un frère religieux, aux côtés de Jean-Pierre Bergeron et Fayolle Jean. La série est disponible en tout temps en ligne.