Publié le 28 octobre 2025, 10:21. Le ministre délégué au Commerce extérieur, Nicolas Forissier, exprime son optimisme quant à l’adoption du budget dans les temps, soulignant l’impératif d’éviter une crise politique et financière majeure. Il appelle à un effort collectif pour parvenir à un rééquilibrage financier jugé indispensable.
- Nicolas Forissier mise sur un vote du budget dans les délais impartis, insistant sur la nécessité d’un consensus politique.
- Il reconnaît que la fiscalité française atteint un niveau élevé, mais justifie des mesures exceptionnelles face à une situation économique délicate.
- Le ministre privilégie les dispositifs gouvernementaux sur les holdings plutôt que la taxe Zucman, qu’il juge pénalisante pour la compétitivité.
Dans un contexte de négociations budgétaires tendues, Nicolas Forissier lance un appel à la raison. « Personne n’a intérêt à porter la responsabilité d’un échec qui conduirait à une crise politique et financière majeure », a-t-il déclaré. Le ministre, par ailleurs suspendu des Républicains, se montre confiant dans la capacité des différents acteurs à trouver un terrain d’entente. « Tout le monde, à tous les étages, doit faire un petit effort. Cela serait bien pire de ne pas trouver une solution de rééquilibrage financier. Si tout le monde fait les efforts nécessaires après les premières postures qui ont servi à affirmer les positions de chacun, le bon sens et la raison reviendront », a-t-il ajouté. Il a également précisé que ni le Parti Socialiste ni sa propre famille politique ne devraient obtenir satisfaction à 100 % sur leurs demandes, mais que la priorité immédiate est de « stabiliser la situation » avant un arbitrage des Français en 2027.
Sur le volet fiscal, les députés ont récemment approuvé la prolongation de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. Le gouvernement a même décidé d’accroître le taux pour les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 3 milliards d’euros, tout en allégeant la charge pour celles dont le chiffre d’affaires se situe entre 1 et 3 milliards d’euros. Ces ajustements visent à augmenter le rendement fiscal de 4 à 6 milliards d’euros. Nicolas Forissier, ancien député LR, reconnaît que « la fiscalité est au maximum » mais souligne que « nous sommes dans une situation exceptionnelle où il faut trouver des mesures exceptionnelles pour redresser les comptes publics ». Il considère que l’absence de budget représente un danger bien plus grand que les quelques milliards d’euros en jeu, car « les investisseurs regardent les choses dans la durée. Ils souhaitent que la stabilité revienne, c’est plus important que les mesures ponctuelles qui peuvent être prises pour passer le cap ».
Concernant la taxe Zucman, qui devrait être examinée prochainement par l’Assemblée nationale, Nicolas Forissier exprime des réserves. Il critique ce dispositif, même dans sa version édulcorée proposée par les socialistes, arguant qu’il crée une inégalité fiscale. « Il y a un certain nombre de contribuables, quelques milliers de personnes, qui, contrairement à tous les autres contribuables, paient moins, et ce n’est pas juste », a-t-il développé. Il pointe du doigt l’intégration de l’outil de travail dans le calcul de cette taxe, considérant que cela représente « une catastrophe en termes de compétitivité ». Le ministre préfère ainsi s’en remettre au dispositif mis en place par le gouvernement, axé sur les holdings.