Publié le 06 février 2026. L’homocystéine, un acide aminé longtemps méconnu, émerge comme un indicateur clé des risques cardiovasculaires, suscitant une nouvelle inquiétude de santé publique.
- L’homocystéine est un marqueur prédictif des maladies cardiovasculaires et systémiques.
- Un déséquilibre dans le métabolisme de l’homocystéine, appelé hyperhomocystéinémie, est lié à un risque accru de maladies cardiaques, cérébrovasculaires et vasculaires périphériques.
- Les vitamines du groupe B jouent un rôle crucial dans la régulation du métabolisme de l’homocystéine, et leur carence peut entraîner une accumulation dangereuse de cet acide aminé.
Longtemps restée dans l’ombre, l’homocystéine attire désormais l’attention des médecins et des chercheurs. Cet acide aminé soufré, produit par le métabolisme de la méthionine (un acide aminé essentiel présent notamment dans la viande, les fromages affinés et les œufs), est désormais considéré comme un facteur de risque majeur pour la santé cardiovasculaire. L’organisme est normalement capable de métaboliser l’homocystéine, la retransformant en méthionine ou en acides aminés plus simples, facilement éliminés par l’urine.
Cependant, ce processus délicat est fortement tributaire de l’activité des vitamines du groupe B. Ces vitamines agissent comme des cofacteurs essentiels dans la transformation de l’homocystéine. Une carence en vitamines B peut donc entraîner une accumulation excessive d’homocystéine dans le sang, un phénomène connu sous le nom d’hyperhomocystéinémie. Aujourd’hui, cette accumulation est reconnue comme un facteur de risque significatif pour le développement de maladies cardiovasculaires, cérébrovasculaires et vasculaires périphériques, s’ajoutant aux facteurs de risque traditionnels tels que le tabagisme, l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle et une prédisposition familiale au diabète.
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Ces dernières années, l’attention s’est accrue sur le rôle de l’homocystéine, non seulement comme indicateur de risque de pathologies athéroscléreuses et thrombotiques, mais aussi comme facteur susceptible de provoquer des lésions vasculaires. Le dépôt d’homocystéine sur les parois des vaisseaux sanguins peut être préjudiciable à plusieurs niveaux. Dans de nombreux cas, des taux élevés d’homocystéine sont liés à une alimentation insuffisamment riche en folate, en vitamine B6 et en vitamine B12. Il a été démontré qu’un apport adéquat de ces micronutriments peut aider à contrecarrer cette accumulation.
Le traitement de l’hyperhomocystéinémie repose principalement sur la correction des carences nutritionnelles. Les vitamines B sont des molécules que notre corps ne peut pas synthétiser lui-même et doit donc obtenir par l’alimentation. On les trouve en abondance dans le poisson, la viande, les fruits et légumes, les œufs et les produits laitiers. Ces vitamines, solubles dans l’eau, sont éliminées par l’urine, ce qui souligne l’importance d’un apport régulier. Il est également conseillé de consommer ces aliments crus ou peu cuits, car la cuisson peut altérer leur teneur en vitamines.

D’autres facteurs physiologiques, tels que le sexe, l’âge et certaines pathologies comme l’insuffisance rénale, l’hypothyroïdie ou encore les néoplasmes, peuvent également influencer le métabolisme de l’homocystéine. De même, la prise de certains médicaments (antiépileptiques, diurétiques), la consommation excessive de tabac, d’alcool et de caféine, ainsi que des prédispositions génétiques (déficiences congénitales des enzymes impliquées dans le métabolisme de l’homocystéine) peuvent jouer un rôle. Cependant, un régime alimentaire pauvre en vitamines B reste le facteur le plus invalidant. Les régimes restrictifs, comme les régimes végétaliens ou végétariens strictement suivis, peuvent entraîner ou aggraver ces carences. Ces approches alimentaires, parfois adoptées sans considération des conséquences à long terme, tentent de bouleverser le fonctionnement ancestral de l’organisme.