Après une défaite inattendue le week-end dernier face à Vanderbilt, les murmures se font plus insistants quant à l’avenir de Brian Kelly à la tête des LSU Tigers. Arrivé avec la promesse de victoires majeures et d’un titre national, le bilan après quatre saisons s’avère décevant, marqué par l’absence de participation aux playoffs. Avec deux revers au compteur, le destin de l’entraîneur semble désormais suspendu à un match crucial contre Texas A&M, seul obstacle potentiel sur la route des playoffs.
La rencontre face aux Aggies de Texas A&M représente une opportunité capitale pour Brian Kelly et son équipe. Après deux défaites consécutives en conférence SEC, cette dernière chance pourrait bien sceller leur parcours vers les playoffs. Si une victoire contre Clemson avait initialement redonné espoir, le bilan global de 3 victoires pour 4 défaites en conférence SEC relativise cette performance.
L’ancien joueur et analyste Wes Blankenship n’a d’ailleurs pas mâché ses mots à ce sujet, lors d’une discussion sur les équipes potentiellement écartées de la course aux playoffs. « Mon choix pour l’élimination… laissez-moi vérifier mes notes. LSU. Oui. Le match contre Vandy. J’aime ce que fait Vandy en ce moment. Vraiment. Et LSU n’a perdu que deux matchs. Mathématiquement, il est toujours possible d’atteindre le College Football Playoff (CFP). Mais je n’aime pas du tout ce que je vois avec BK en ce moment. »
Pour espérer atteindre les playoffs cette année, LSU devra impérativement s’imposer face à Texas A&M et ensuite contre Alabama. Un autre faux pas enterrerait définitivement leurs ambitions, un scénario que Wes Blankenship anticipe avec lucidité. « Je me mets à la place d’un joueur, et du leadership nécessaire pour traverser toute une saison. C’est un combat acharné pour y parvenir, et compte tenu du calendrier restant de LSU… Je n’ai tout simplement pas vu cette équipe de LSU capable de rebondir après ce qu’elle a montré sur le terrain et de prouver qu’elle sera bien meilleure. Donc oui, ils ont deux défaites et sont toujours mathématiquement en lice, mais à en juger par le week-end dernier, le score était bien plus serré que ce qui s’est passé sur le terrain. »
Nous sommes désormais au-delà de la moitié de la quatrième saison de Brian Kelly à la tête du programme, et la direction prise par les Tigers soulève des interrogations. Si gagner neuf ou dix matchs peut être considéré comme une performance acceptable ailleurs, à LSU, cela constitue à peine la norme. Les faiblesses du collectif sont apparues au grand jour, et ce, avant même d’affronter des adversaires redoutables comme Texas A&M, Alabama et potentiellement Oklahoma. Deux défaites figurent déjà au bilan, et une nouvelle déconvenue pourrait anéantir tout espoir de playoffs. Une quatrième défaite pourrait placer Brian Kelly dans une position extrêmement précaire, surtout à une époque où même une indemnité de départ de 50 millions de dollars ne garantit plus la patience, comme l’histoire l’a maintes fois prouvé.
La situation actuelle est préoccupante, car l’équipe de Brian Kelly se trouve dans une position délicate face aux prochains adversaires. Alabama, par exemple, reste sur une série de six victoires consécutives et occupe la 4ème place du classement AP, ayant été la première équipe de la SEC à battre quatre adversaires classés en quatre semaines. S’y ajoute le match contre Arkansas, qui, bien que semblant plus abordable, voit les Razorbacks afficher une attaque dans le Top 20 sous la houlette de l’entraîneur par intérim Bobby Petrino. Enfin, un déplacement chez les Sooners d’Oklahoma, qui possèdent la deuxième meilleure défense du pays en termes de points marqués, s’annonce comme un défi de taille.
Malgré d’évidentes difficultés offensives, notamment une faible efficacité dans la zone rouge (seulement 56 % de touchdowns convertis), Brian Kelly affiche sa confiance en son équipe. LSU se classe actuellement 86ème en attaque sur le plan des points marqués et 83ème en termes de yards gagnés au total. Il faut toutefois considérer les blessures clés de joueurs comme White Weeks et du defensive tackle Bernard Gooden, qui ont alourdi le bilan. L’entraîneur a d’ailleurs abordé la situation : « Certains disent que je ne fais pas mon travail en ce moment, je comprends. Mais nous travaillons dur chaque jour pour améliorer notre équipe de football. » L’attaque des Tigers semble effectivement montrer des signes d’amélioration, avec une moyenne de 133 yards par match à la course, contre 102,9 lors des cinq premières semaines.
L’avenir de Garrett Nussmeier, un indicateur de plus
Alors que les espoirs de playoffs s’amenuisent, même les ambitions de Garrett Nussmeier pour le trophée Heisman subissent un coup dur. Au début de la saison, les noms d’Arch Manning, LaNorris Sellers et Garrett Nussmeier étaient évoqués comme potentiels prétendants au Heisman. Aujourd’hui, la réalité est tout autre, avec des performances en dents de scie dans la ligue. Pour Nussmeier, qui avait initialement des cotes de plus de 900 contre 1, puis de 15 contre 1, il n’est plus question de candidature au Heisman.
Après avoir subi une entorse à la cheville lors du match contre South Carolina, Nussmeier a eu du mal à retrouver son niveau. De plus, le jeu au sol de son équipe a été décevant, ne parvenant à gagner que 100 yards face aux 243 de Vanderbilt. Malgré ces difficultés, il a réussi 19 passes sur 25 pour 225 yards et deux touchdowns. Son total sur la saison s’élève à 1 413 yards avec 9 touchdowns pour 5 interceptions. Ce faible total, combiné à la faiblesse du jeu de course de LSU qui met une pression accrue sur Nussmeier, ne plaide pas en faveur d’une candidature au Heisman.
À titre de comparaison, des joueurs comme Julian Sayin, avec un taux de réussite de 80 % et quatre matchs à plus de 300 yards, démontrent leur domination dans la ligue. Nussmeier, de son côté, a lancé 21 passes sur 34 pour 197 yards, son plus faible total de la saison, avec un touchdown et une interception face à Ole Miss. Ces chiffres soulignent que les difficultés offensives ne pèsent pas uniquement sur le quarterback, mais également sur l’avenir de Brian Kelly à la tête de l’équipe. La question demeure : parviendra-t-il à redresser la barre dans les matchs à venir ?