Publié le 26 février 2026 04:39:00. Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a dénoncé l’impact dévastateur des centres de fraude en ligne sur l’économie et la réputation de son pays, tout en niant toute complicité gouvernementale dans ces activités criminelles.
- Les centres de fraude en ligne sont considérés comme une menace majeure pour l’économie cambodgienne.
- Des milliers d’arrestations ont été effectuées, et un important escroc a été extradé vers la Chine.
- Hun Manet affirme que le Cambodge ne profite pas de ces activités illégales, malgré un impact indirect sur certains secteurs.
Le Cambodge est devenu un point névralgique pour les réseaux criminels spécialisés dans les fraudes en ligne, ciblant des internautes du monde entier à travers de fausses relations amoureuses et des investissements frauduleux. Selon les estimations, ces activités génèrent plus de 12,5 milliards de dollars de pertes annuelles, ce qui représente la moitié du produit intérieur brut (PIB) officiel du Cambodge, selon un rapport de l’Institut américain pour la paix datant de 2024.
Dans une interview accordée à l’Agence France-Presse (AFP), le Premier ministre Hun Manet a déclaré :
« Le réseau frauduleux, que nous appelons l’économie noire, détruit notre économie honnête. Il donne une mauvaise réputation au Cambodge. »
Hun Manet, Premier ministre cambodgien
Il a reconnu que ces activités illégales avaient indirectement stimulé certains secteurs, tels que l’immobilier et la construction, mais a fermement nié que le Cambodge en tire profit.
Hun Manet a souligné que la majorité des revenus générés par ces centres de fraude ne sont pas versés au gouvernement cambodgien. Il a ajouté :
« Oui, les centres d’escroquerie peuvent avoir un impact direct sur l’immobilier, les investissements, la construction, les achats et la manière dont les fraudeurs construisent leurs bases. Mais la plupart des revenus ne vont pas au gouvernement cambodgien. »
Hun Manet, Premier ministre cambodgien
Une vaste opération de répression a été lancée, conduisant à l’arrestation de milliers de personnes. Récemment, Chen Zi, un milliardaire accusé d’être à l’origine de ces fraudes, a été extradé vers la Chine. Chen Zi, qui avait été arrêté par les autorités américaines, avait également occupé un rôle de conseiller auprès de Hun Manet et de son père, Hun Sen.
Hun Manet a insisté sur le fait qu’il n’était pas au courant des activités illégales de Chen Zi :
« Nous ne savions pas qu’il était le chef. »
Hun Manet, Premier ministre cambodgien
Il a précisé qu’une vérification des antécédents n’avait révélé aucune irrégularité et que les sociétés du groupe Prince de Chen Zi avaient des succursales dans plusieurs pays. Les procureurs américains ont affirmé que le groupe Prince exploitait des activités dans plus de 30 pays depuis 2015, sous couvert d’entreprises légitimes dans les domaines de l’immobilier, des services financiers et de la consommation.
Avant que des accusations ne soient portées contre lui au Cambodge, Chen Zi était considéré comme un simple « homme d’affaires contribuant à faire tourner l’économie ». Hun Manet a déclaré :
« Quelles que soient ces activités, nous ne le savons pas »,
Hun Manet, Premier ministre cambodgien
ajoutant que les autorités ont pris des mesures immédiates dès qu’elles ont été informées des actes répréhensibles.
Chen Zi a été renvoyé en Chine plutôt qu’aux États-Unis, en raison de sa nationalité. Sa citoyenneté cambodgienne lui a été retirée après qu’il a été découvert qu’il avait utilisé de faux documents pour l’obtenir, ne conservant que la nationalité chinoise.
Compilé à partir de France24