Publié le 20 février 2026. Une nouvelle loi chilienne vise à garantir la continuité des études supérieures pour les étudiants devenus parents, ceux qui assument des responsabilités familiales ou qui prennent soin de proches dépendants, en promouvant un meilleur partage des responsabilités entre vie personnelle et études.
- La loi n° 21 790 permet aux étudiants de reporter ou de suspendre leurs études sans pénalité financière et avec maintien de leurs avantages.
- Elle interdit toute discrimination liée à la grossesse, la maternité, la paternité ou les responsabilités de soins.
- Les établissements d’enseignement supérieur sont tenus de mettre en place des politiques internes pour accompagner les étudiants dans ces situations.
Promulguée par le président Gabriel Boric Font, la loi « Je m’occupe, j’étudie » s’inscrit dans une politique publique de soutien et de coresponsabilité de l’enseignement supérieur. Elle vient compléter la loi chilienne Cuida, créant ainsi un cadre global qui reconnaît le droit aux soins et assure la poursuite des études pour ceux qui cumulent études et responsabilités familiales.
Le texte, adopté à l’unanimité par le Congrès national, répond à un engagement du gouvernement en faveur des soins et d’un enseignement supérieur plus inclusif, sensible aux questions de genre et orienté vers le développement humain durable. Il vise à lever les obstacles qui empêchent historiquement de nombreux étudiants, en particulier les femmes, de concilier études et vie familiale.
« Avec cette loi, nous disons clairement à des milliers d’étudiants dans tout le Chili qu’ils ne sont pas seuls. Qu’être mère, père ou prendre soin d’un membre de la famille ne peut pas signifier renoncer à un projet éducatif. « Je m’en soucie, j’étudie » met au centre ceux qui ont historiquement dû choisir entre soutenir leur famille ou poursuivre leurs études, et établit des règles claires pour que les institutions accompagnent ces trajectoires. »
Víctor Orellana, Sous-secrétaire à l’Enseignement supérieur
La nouvelle réglementation impose aux établissements d’enseignement supérieur de définir des règles internes précises pour garantir le droit à l’éducation des étudiants ayant des responsabilités de soins, tout en préservant la qualité de leur formation. Ces règles devront notamment prévoir des mesures de flexibilité académique, comme la priorité d’inscription aux cours, la reprogrammation des examens ou des calendriers adaptés.
La loi prévoit également la possibilité pour les étudiants de justifier leurs absences aux activités académiques en raison de visites médicales ou de la maladie de la personne dont ils s’occupent. Elle garantit également le droit d’allaiter ou de nourrir l’enfant ou la personne dépendante jusqu’à deux heures par jour.
La Surintendance de l’enseignement supérieur sera chargée de veiller au respect de cette loi, dont la violation sera considérée comme une infraction grave. Par ailleurs, la loi n° 21 790 renforce le cadre juridique existant en intégrant explicitement la paternité comme motif de protection dans la loi générale sur l’éducation, au même titre que la grossesse et la maternité. Cette évolution juridique consolide le principe de coresponsabilité sociale et familiale en matière de soins et contribue à réduire les inégalités structurelles.