Les surtaxes douanières imposées par l’administration Trump sur les importations de bois et de meubles commencent à se répercuter sur les prix des consommateurs, affectant même des géants comme Ikea. Pendant ce temps, certains industriels américains voient une opportunité de croissance.
Alors que les droits de douane sur les importations chinoises visent à stimuler la manufacture américaine, l’impact se fait sentir dans le secteur du meuble. Edwin Marsh, président et directeur de l’exploitation de Marsh Furniture, a souligné sur la chaîne « Varney & Co. » comment ces mesures soutiennent la production nationale et la création d’emplois en Caroline du Nord, renforçant ainsi le tissu industriel américain.
À l’inverse, le détaillant suédois Ikea, habituellement connu pour ses prix bas, est contraint d’augmenter ses tarifs. Tolga Öncü, responsable du commerce de détail chez Ingka, l’entité qui gère la majorité des magasins Ikea, a expliqué au Wall Street Journal que l’entreprise doit s’adapter à un nouvel environnement économique. « Nous ne pouvons pas rester à l’abri et absorber tous les coûts nous-mêmes », a-t-il précisé. « Mais le gros du travail consiste à trouver des moyens de baisser les prix. » Bien que l’entreprise ambitionne de réduire ses coûts, il admet que cela devient de plus en plus ardu, voire impossible, compte tenu du contexte actuel.
Ces nouvelles tarifs, entrés en vigueur le 14 octobre, incluent une taxe de 10 % sur les importations de bois résineux et de 25 % sur les meubles rembourrés, ainsi que les armoires de cuisine et les meubles de salle de bain. Les projections indiquent une nouvelle augmentation au 1er janvier 2025 : les droits de douane sur les meubles passeront à 30 % et ceux sur les armoires et meubles de salle de bain atteindront 50 %, sauf en cas de renégociation avec les pays exportateurs.
L’entreprise suédoise est particulièrement exposée à ces mesures, près de 90 % de ses produits étant importés de fournisseurs internationaux, selon un rapport d’Inter Ikea Group datant de 2024. Afin de maintenir des prix stables, Ikea a mis l’accent sur la réduction de ses coûts opérationnels. Cependant, certaines catégories de produits ont déjà vu leur prix augmenter significativement : le coût de certains canapés a grimpé de près de 50 dollars, et celui des ensembles de chambre à coucher de près de 100 dollars ces derniers mois.
Parallèlement, Ikea redouble d’efforts pour accroître sa production locale. L’entreprise s’approvisionne déjà en totalité en armoires de cuisine auprès de fournisseurs américains et envisage d’étendre cette stratégie à d’autres produits, comme les matelas, en privilégiant les fournisseurs locaux, selon M. Öncü.
Ce revirement contraste avec les annonces de mars 2024, où l’entreprise prévoyait de continuer à baisser ses prix aux États-Unis, anticipant un assouplissement des pressions inflationnistes. L’année 2024 avait vu Ikea réduire les prix de centaines de produits dans plusieurs pays grâce à la diminution des coûts de transport et des matières premières. Aujourd’hui, les entreprises qui espéraient un répit après des années d’inflation soutenue doivent désormais naviguer les répercussions de ces nouvelles barrières douanières.