Publié le 2025-10-06 12:40:00. Le prix Nobel de physiologie ou médecine 2025 récompense trois scientifiques, deux Américains et un Japonais, pour leurs travaux pionniers sur la façon dont notre système immunitaire apprend à ne pas attaquer notre propre corps, ouvrant la voie à de nouvelles thérapies.
- Mary E. Brunkow, Fred Ramsdell et Shimon Sakaguchi partagent la prestigieuse distinction pour leurs « découvertes fondamentales liées à la tolérance immunitaire périphérique ».
- Leurs recherches ont mis en lumière le rôle crucial des « cellules T régulatrices » dans la prévention des maladies auto-immunes.
- Ces découvertes ont une portée considérable pour le développement de traitements contre le cancer et les affections auto-immunes.
Le comité Nobel, réuni à Stockholm, a salué la contribution essentielle des lauréats à notre compréhension du fonctionnement du système immunitaire. Shimon Sakaguchi, immunologue japonais, a identifié en 1995 un nouveau type de cellules T, révélant une complexité du système immunitaire jusqu’alors insoupçonnée. S’appuyant sur ces travaux, les Américains Mary E. Brunkow et Fred Ramsdell ont, au début des années 2000, élucidé les mécanismes derrière la vulnérabilité de certaines souris aux maladies auto-immunes, découvrant le gène Foxp3 et démontrant que ses mutations chez l’humain entraînent une maladie auto-immune grave, l’IPEX. En 2003, Sakaguchi a confirmé le lien entre le gène Foxp3 et le développement de ces « cellules T régulatrices ».
« Ses découvertes ont été décisives pour notre compréhension du fonctionnement du système immunitaire et pourquoi nous ne développons pas tous de graves maladies auto-immunes », a souligné Olle Kämpe, présidente du comité Nobel. Les recherches du trio ont ouvert la voie à l’exploration de la tolérance immunitaire périphérique.
Thomas Perlmann, secrétaire du comité, a indiqué avoir contacté Shimon Sakaguchi, professeur à l’Université d’Osaka, qui s’est montré « incroyablement reconnaissant ». En raison du décalage horaire, il n’avait pas encore pu joindre Mary E. Brunkow, directrice des programmes au Seattle Systems Biology Institute, ni Fred Ramsdell, co-fondateur de la société de biotechnologie Sonoma Biotherapeutics à San Francisco.
L’an passé, le prix avait été attribué aux Américains Victor Ambros et Gary Ruvkun pour leur découverte du microARN, une molécule régulatrice du fonctionnement cellulaire. En 2023, Katalin Karikó et Drew Weissman avaient été récompensés pour leurs travaux sur les vaccins à ARN messager (ARNm), essentiels dans la lutte contre la propagation du Covid-19.
Le prix est doté d’une bourse de 11 millions de couronnes suédoises, soit environ 1 million de dollars américains (environ 930 000 euros).