Home Santé Ils découvrent un nouveau gène provoquant une myopathie congénitale

Ils découvrent un nouveau gène provoquant une myopathie congénitale

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Publié le 24 septembre 2025. Une nouvelle piste génétique vient d’être identifiée pour une forme rare de myopathie congénitale. Une équipe de chercheurs espagnols a découvert des mutations dans un gène jusqu’alors méconnu pour son implication dans des maladies génétiques, ouvrant la voie à de nouveaux diagnostics.

Le laboratoire de génétique et de mécanismes physiopathologiques des anomalies congénitales de l’Institut de Recherche Biomédicale Sols-Morreale (IIBM, CSIC-UAM), membre de l’aire de maladies rares du CIBER (CIBERER) et dirigé par Víctor L. Ruíz-Pérez, a piloté une étude novatrice. Elle démontre pour la première fois que des mutations dans le gène CACNB1 sont à l’origine de cette forme de myopathie congénitale. Les travaux, publiés récemment dans la revue European Journal of Human Genetics, ont bénéficié de la collaboration de divers groupes nationaux et internationaux, dont le groupe CIBERER coordonné par Pablo Lapunzina à l’hôpital La Paz.

L’article scientifique détaille le cas de trois patients atteints de myopathie congénitale, caractérisée par une faiblesse musculaire sévère touchant principalement les muscles proximaux, des taux élevés de créatine kinase dans le sang et un faible poids corporel. Grâce à des techniques de séquençage de masse de nouvelle génération, les chercheurs ont identifié des mutations distinctes du gène CACNB1 chez ces patients. Jusqu’à présent, ce gène n’avait jamais été associé à une maladie génétique.

Le gène CACNB1 est responsable du codage de la sous-unité β1 des canaux calciques voltage-dépendants. Au sein de cette famille de canaux se trouve le récepteur de la dihydropyridine (DHPR), un composant essentiel à la contraction du muscle squelettique.

Pour approfondir leur compréhension, les chercheurs ont eu recours à une variante du système d’édition génétique CRISPR-CAS9. Ils ont ainsi pu modifier le génome de cellules musculaires (myoblastes) pour reproduire spécifiquement l’une des mutations détectées chez un des patients. L’analyse de ces cellules « avatars » a révélé que la mutation introduite dans CACNB1 entraînait une réduction significative des niveaux de la sous-unité α1 principale de la protéine DHPR, dont le déficit est une cause connue de myopathie congénitale.

« Nous espérons que ces travaux pourront bénéficier à d’autres patients atteints de maladies rares présentant une pathologie similaire et qui n’ont pas encore de diagnostic génétique », explique Asier Iturrate, premier auteur de l’étude, chercheur CIBERER et boursier doctoral au sein du groupe IIBM. « Nous proposons que ce gène soit inclus dans les panels de gènes associés aux maladies neuromusculaires rares, et nous encourageons d’autres groupes à examiner le gène CACNB1 dans leurs cas non résolus. »

Asier Iturrate, premier auteur de l’étude, chercheur CIBERER et chercheur prédoctoral du groupe à l’IIBM.

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour le diagnostic des myopathies congénitales rares et souligne l’importance de l’exploration génétique approfondie pour identifier les causes de maladies encore méconnues.

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