Publié le 14 février 2026 01:46:00. Les récentes inondations qui frappent la région de Cordoue, en Colombie, suscitent de vives inquiétudes sanitaires. Les autorités de santé préviennent une possible recrudescence des maladies infectieuses en raison de la contamination de l’eau et des conditions de vie précaires dans les zones touchées.
- L’Association colombienne des maladies infectieuses (Acin) alerte sur le risque d’épidémies liées à l’eau contaminée, à la prolifération des vecteurs et à la surpopulation des abris.
- Les inondations favorisent la propagation de maladies telles que la leptospirose, les diarrhées, l’hépatite A et les infections cutanées.
- Acin appelle à renforcer la surveillance épidémiologique, à garantir l’accès à l’eau potable et à maintenir les campagnes de vaccination.
Les inondations à Cordoue ne sont pas seulement une catastrophe naturelle, mais également une menace sérieuse pour la santé publique, selon l’Association colombienne des maladies infectieuses (Acin). L’urgence climatique actuelle, qui a déjà causé d’importants dégâts matériels, crée un environnement propice à la multiplication des maladies infectieuses, en particulier dans les communautés les plus vulnérables.
L’Acin souligne que les inondations comptent parmi les événements naturels ayant le plus grand impact sur la santé à l’échelle mondiale. L’expérience en Amérique latine montre que ces catastrophes entraînent une augmentation de l’incidence des maladies infectieuses, notamment dans les zones où les infrastructures sont limitées et l’accès aux services de base est difficile.
En référence à un épisode récent, l’association cite la situation dans le sud du Brésil en 2024, où des inondations ont provoqué des milliers de cas de leptospirose, des épidémies de diarrhée et une recrudescence des maladies transmises par les moustiques. Cet événement a démontré que les infections peuvent persister et saturer les systèmes de santé plusieurs semaines après le retrait des eaux.
Les inondations contaminent les sources d’eau potable avec des eaux usées et des déchets, provoquent des débordements d’égouts et favorisent la prolifération de rongeurs. De plus, le déplacement des familles vers des refuges crée des conditions de surpopulation qui facilitent la transmission des infections respiratoires et cutanées, tout en perturbant les programmes de vaccination et les contrôles épidémiologiques.
Selon les données citées par l’Acin, au moins 121 maladies infectieuses peuvent s’aggraver après une catastrophe de ce type. À Cordoue, la leptospirose est une source de préoccupation majeure, car elle est considérée comme l’une des pathologies les plus caractéristiques de la période post-inondation, due à l’exposition à de l’eau contaminée par l’urine de rongeurs.
Les spécialistes avertissent que la leptospirose peut présenter des symptômes similaires à ceux de la dengue, de la grippe ou d’autres maladies fébriles, ce qui rend le diagnostic plus difficile. Ils mettent également en garde contre l’augmentation des maladies diarrhéiques aiguës causées par des bactéries et des virus tels que E. coli, Salmonella, Shigella, Vibrio cholerae, Cryptosporidium et Norovirus, ainsi que l’hépatite A, toutes associées à la consommation d’eau insalubre.
En ce qui concerne les maladies à transmission vectorielle, l’Acin explique que l’accumulation d’eau stagnante crée des conditions idéales pour la reproduction du moustique Aedes aegypti, vecteur de la dengue et d’autres arbovirus. Des études montrent qu’après des inondations, le nombre de cas de ces maladies tend à augmenter dans les semaines qui suivent si des mesures de contrôle intensives ne sont pas mises en œuvre.
Le communiqué de l’association souligne également le risque d’infections cutanées telles que la cellulite, l’impétigo et les mycoses, ainsi que le risque de tétanos chez les personnes souffrant de blessures traumatiques. L’Acin met également en garde contre la possible propagation de bactéries résistantes aux antibiotiques, due au contact avec des déchets hospitaliers et de l’eau contaminée, une situation qui pourrait être aggravée par une utilisation inappropriée d’antibiotiques.
Face à cette situation, l’Acin appelle à renforcer la surveillance épidémiologique, à garantir l’accès à l’eau potable, à assurer la chaîne du froid des vaccins et à maintenir les campagnes de vaccination. Elle recommande à la population d’éviter tout contact avec l’eau stagnante, de faire bouillir l’eau avant de la consommer et de consulter un médecin en cas de fièvre.
« Les inondations à Cordoue ne constituent pas seulement une urgence environnementale ; elles constituent une menace concrète pour la santé publique. »
Acin
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