Publié le 14 février 2026 à 15h22. Dix-sept prisonniers politiques ont été libérés ce samedi de la prison de Boleíta, surnommée « zone 7 », après des semaines de tensions et une grève de la faim entamée par les familles des détenus pour accélérer les procédures d’amnistie.
- Dix-sept prisonniers politiques, dont sept femmes et dix hommes, ont été libérés de la zone 7.
- Ces libérations interviennent après que des détenus ont menacé de se lancer dans une grève de la faim en raison de retards dans les promesses de libération.
- Les familles des prisonniers continuent de faire pression pour la libération des plus de cinquante autres prisonniers politiques encore détenus dans ce centre.
La libération de ces dix-sept personnes, annoncée dans la matinée par le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, est perçue comme un premier pas, mais insuffisant par les organisations de défense des droits de l’homme et les familles des détenus. Le Comité pour la liberté des prisonniers politiques (Clipp) souligne que cette libération est le fruit d’une mobilisation soutenue et d’une pression constante exercée par les proches des prisonniers, qui campent devant le commissariat de police depuis plus d’un mois.
Parmi les libérés figurent des figures importantes de l’opposition, comme José Elías Torres, président de la CTV (Confédération des travailleurs du Venezuela), arrêté fin novembre 2025 dans des circonstances qui évoquent une disparition forcée.
« Elías n’aurait jamais dû être emprisonné. Aujourd’hui, nous embrassons sa famille dans ces retrouvailles tant attendues »
Clipp
Le cas de Gabriel Sánchez Piña, un jeune homme de 19 ans atteint du trouble du spectre autistique (TEA), est également mis en avant. Arrêté le 30 novembre 2025, sa détention arbitraire avait suscité une vive indignation.
Cependant, l’espoir d’une libération massive reste fragile. Face à ce qu’ils considèrent comme un non-respect des accords négociés le 6 février avec Jorge Rodríguez, les familles des prisonniers ont décidé de se joindre à la grève de la faim, exigeant la libération de tous les détenus de la zone 7. Plus de cinquante prisonniers politiques restent encore incarcérés dans ce centre.
L’adoption définitive de la loi d’amnistie, censée faciliter la libération de ces prisonniers, a été reportée jeudi dernier en raison de désaccords sur son application. Le principal point de friction concerne un article exigeant que les bénéficiaires de l’amnistie se présentent devant un tribunal pour en faire la demande, une condition contestée par l’opposition. Selon le Forum pénal, 644 prisonniers politiques sont encore détenus au Venezuela.
Les noms des autres personnes libérées sont les suivants : Marilyn Gil, Jorge Parraga, Morelba Delgado, Nassar Younis, Aura Briceno, Lézard Williams, José Gregorio Hernández Polo (59 ans), José Luis Subero, Richard Batista, Jean Arroyo, Radames Lazo González (77 ans), Gilmary Madeline Alcalá Lasala, Sulma Lasalle, Désirée Hurtado et José Luis Talavera.