Un tribunal californien a condamné Safeguard Metals LLC et son propriétaire, Jeffrey Ikahn, à verser plus de 25 millions de dollars en restitution et amendes pour une escroquerie massive ciblant les retraités.
Le Département de la réglementation financière du Vermont (DFR), division des valeurs mobilières, a annoncé qu’un jugement définitif a été rendu par le tribunal de district américain du district central de Californie. Ce jugement impose à Safeguard Metals LLC et à son propriétaire, Jeffrey Ikahn, le paiement d’environ 25,6 millions de dollars en restitution et une sanction civile pécuniaire équivalente. Ces mesures font suite à un stratagème frauduleux orchestré par les deux entités, qui a ciblé des personnes âgées et à la retraite entre octobre 2017 et au moins juillet 2021.
Ce jugement fait suite à une ordonnance par consentement conclue le 25 octobre 2023. Celle-ci avait vu 30 régulateurs d’État, aux côtés de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), reconnaître la responsabilité des défendeurs dans la mise en œuvre d’un stratagème national. L’accord prévoyait également une interdiction pour Safeguard Metals et Jeffrey Ikahn de commettre de futures infractions à la loi sur les marchés à terme (Commodity Exchange Act), ainsi qu’aux lois et réglementations des États concernés par la plainte.
« Le jugement final dans cette affaire offre une compensation substantielle aux investisseurs lésés par ces agissements frauduleux. Il réaffirme également notre détermination à protéger les investisseurs, particulièrement ceux issus de communautés vulnérables », a déclaré Kaj Samsom, commissaire du DFR. Il a par ailleurs tenu à saluer « le dévouement et le travail acharné de la CFTC et des régulateurs des États » ayant collaboré sur ce dossier.
D’après les conclusions du tribunal, les prévenus auraient sollicité près de 68 millions de dollars, majoritairement issus de fonds d’épargne-retraite, auprès d’au moins 450 personnes. L’objectif affiché était l’achat de métaux précieux, principalement des pièces d’argent. Le tribunal a établi que les défendeurs avaient diffusé de manière systématique et étendue des informations fausses et trompeuses, omis de communiquer des éléments cruciaux à leurs clients, et procédé à des surfacturations frauduleuses sur les métaux précieux vendus.
Amanda Smith, adjointe aux valeurs mobilières, a souligné l’importance de ce résultat : « Cette décision rappelle que les régulateurs des valeurs mobilières des États jouent un rôle essentiel dans la lutte contre la fraude à l’investissement sous toutes ses formes. »
Une action judiciaire parallèle avait été initiée par la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis contre les mêmes défendeurs en février 2022. La SEC avait obtenu des jugements partiels par consentement en 2023, menant en mai 2025 à une ordonnance enjoignant Safeguard et Ikahn à régler environ 25,6 millions de dollars en restitution, une amende civile équivalente, ainsi que les intérêts avant jugement. Il est précisé que les sommes versées dans le cadre de l’affaire SEC seront compensées avec celles versées suite au jugement annoncé aujourd’hui, et inversement.
L’enquête et les poursuites ont été menées par la CFTC en partenariat avec les régulateurs des valeurs mobilières de 30 États : Alabama, Arizona, Arkansas, Californie, Connecticut, Floride, Hawaï, Idaho, Illinois, Indiana, Iowa, Kentucky, Maryland, Michigan, Mississippi, Missouri, Nebraska, Nouveau-Mexique, New York, Caroline du Nord, Ohio, Oklahoma, Oregon, Caroline du Sud, Dakota du Sud, Tennessee, Utah, Vermont, Washington et Wisconsin.