Home Économie Incrédulité à Amsterdam : « Un conseiller du D66 qui rend la vie difficile aux automobilistes veut des amendes plus faibles »

Incrédulité à Amsterdam : « Un conseiller du D66 qui rend la vie difficile aux automobilistes veut des amendes plus faibles »

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Publié le 2025-10-14 20:15:00. Malgré une hausse du nombre de décès sur les routes à Amsterdam l’année dernière, une élue locale plaide pour une baisse des amendes routières, estimant qu’elles sont devenues excessivement lourdes. Cette proposition suscite de vives critiques de la part de l’opposition, qui dénonce une rhétorique électoraliste et un délaissement des automobilistes.

  • Melanie van der Horst, conseillère à la circulation pour D66 à Amsterdam, juge les amendes routières trop élevées et propose de les réduire.
  • L’opposition pointe une contradiction, rappelant les augmentations des tarifs de stationnement et les restrictions pour les automobilistes sous sa responsabilité.
  • La sécurité routière reste une préoccupation majeure, avec une hausse des accidents et des victimes, alimentant le débat sur l’efficacité des amendes.

Le nombre de personnes tuées sur les routes à Amsterdam a connu une augmentation notable en 2023, passant de 14 à 22 décès. C’est dans ce contexte que Melanie van der Horst, élue en charge de la circulation pour le parti D66, a exprimé son souhait de revoir à la baisse les montants des amendes routières. Selon elle, ces sanctions financières auraient atteint un niveau disproportionné et injuste.

Cette prise de position a immédiatement suscité une vive réaction au sein de l’échiquier politique local. Daan Wijnants, chef du groupe VVD, a qualifié ces propos de « cyniques » et de « vilaine rhétorique de campagne ». Il reproche à l’élue d’un parti qui a, selon lui, rendu la vie difficile aux automobilistes, de vouloir maintenant les dédouaner de leur rôle de « vache à lait ». Wijnants rappelle que les tarifs de stationnement ont été augmentés sous l’égide de Van der Horst, parallèlement à une réduction des places disponibles.

Dans une tribune, Melanie van der Horst a spécifiquement cité l’amende pour usage du téléphone au volant comme étant excessive. Une observation jugée particulièrement étonnante par ses détracteurs. Daan Wijnants souligne en effet que cette infraction est « manifestement très dangereuse et peut entraîner de graves accidents », insistant sur le fait que cette pratique est bien plus risquée que de rouler légèrement au-dessus de la limite de vitesse.

Kevin Kreuger, leader du groupe JA21, a également déploré ce qu’il perçoit comme une ironie, venant d’une élue qui « ose facturer 7,76 euros pour une heure de stationnement juste avant les élections ». Il met en avant d’autres mesures restrictives pour les automobilistes, telles que la suppression de places de stationnement ou la fermeture de certaines voies comme la Weesperstraat, tout en se demandant si les électeurs, y compris ceux qui utilisent occasionnellement des voitures en autopartage, seront sensibles à ces déclarations.

Süleyman Koyuncu, conseiller municipal pour le parti Denk, va plus loin en qualifiant la commune de « champion néerlandais du harcèlement automobile ». Il met en lumière l’augmentation significative des revenus issus du stationnement, passés de 300 à 400 millions d’euros annuels depuis 2023, et s’interroge sur la crédibilité de ces plaintes à l’approche des élections. « Les automobilistes d’Amsterdam sont complètement évincés », affirme-t-il, dénonçant un impact particulièrement fort dans les quartiers défavorisés.

Tanay Bilgin (FvD) partage cette analyse et considère que l’amende pour usage du téléphone au volant est « justifiée ». Il aurait préféré voir l’élue plaider pour des sanctions plus sévères à l’encontre des cyclistes utilisant leur téléphone, compte tenu de la hausse des accidents à vélo.

Même au sein de la majorité municipale, des nuances émergent. Farley Asruf (PvdA) rappelle que la sécurité routière est la priorité absolue, surtout face à une augmentation des accidents et des victimes. S’il reconnaît l’importance d’une certaine souplesse dans l’application des amendes, il prévient qu’une réduction des sanctions pourrait entraîner une recrudescence des accidents et des décès, et qu’une surveillance attentive sera nécessaire. Elisabeth IJmker (GL) abonde dans ce sens, estimant que les amendes peuvent contribuer à la sécurité en décourageant les infractions, à condition que les recettes générées soient bien réinvesties dans ce domaine. Elle suggère que le problème réside peut-être davantage dans la multiplicité des amendes reçues par les automobilistes.

Le parti de Melanie van der Horst, D66, lui apporte un soutien unanime. Elise Moeskops (D66) rappelle que le montant des amendes est fixé au niveau national et que même le ministère public reconnaît que certains montants sont parfois excessifs. Elle salue le fait que l’élue ait soulevé cette question d’injustice.

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