Publié le 24 septembre 2025 à 14h30. Le magnat des médias hongkongais Jimmy Lai, figure de proue de la contestation pro-démocratie, a été condamné à 20 ans de prison pour collusion avec des puissances étrangères et publication séditieuse, une sentence vivement critiquée par la communauté internationale.
- Jimmy Lai, 78 ans, a été reconnu coupable en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin.
- L’ONU et l’Union européenne ont appelé à sa libération immédiate, dénonçant une atteinte à la liberté de la presse.
- La Chine rejette les critiques, affirmant que l’affaire relève de la justice intérieure et n’a rien à voir avec la liberté d’expression.
La justice de Hong Kong a justifié la sévérité de la peine par la « gravité » des actes reprochés à M. Lai, estimant qu’il avait nourri une « haine » envers la Chine et cherché à « la chute du Parti communiste chinois ». Selon le tribunal, 18 années supplémentaires s’ajouteront à la peine de prison qu’il purge déjà.
Cette condamnation intervient dans un contexte de répression croissante à Hong Kong, où la loi sur la sécurité nationale, entrée en vigueur en 2020 après les vastes manifestations pro-démocratie, a été utilisée pour museler l’opposition et restreindre les libertés fondamentales. Le procès de M. Lai, fondateur du journal pro-démocrate Apple Daily, aujourd’hui disparu, avait été qualifié de « mascarade » par le Comité pour la protection des journalistes. RTE News a suivi l’affaire de près.
L’indignation internationale est forte. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a immédiatement demandé la libération de M. Lai, estimant que « ce verdict doit être rapidement annulé car incompatible avec le droit international ». L’Union européenne a « déploré » la condamnation et appelé à une « libération immédiate et inconditionnelle » du magnat des médias, soulignant la nécessité de « restaurer la confiance dans la liberté de la presse à Hong Kong » et de « cesser de poursuivre les journalistes ». Une photo montre le cardinal Joseph Zen et l’épouse de Lai arrivant au tribunal.
Taiwan a mis en garde contre une tendance inquiétante, affirmant que Pékin et Hong Kong « intègrent l’influence des médias et les relations internationales dans le cadre des mesures de sécurité nationale, dans le but de créer un effet dissuasif au-delà des secteurs et des frontières ». La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a dénoncé une peine équivalant à « une peine à perpétuité » et a réitéré ses appels à la libération de M. Lai pour des raisons humanitaires. Des policiers armés montaient la garde devant le tribunal de West Kowloon.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a révélé avoir soulevé la question de M. Lai lors de sa récente rencontre avec le président chinois Xi Jinping à Pékin, qualifiant les échanges de « respectueux ». L’ancien président américain Donald Trump a également plaidé pour la libération de M. Lai.
Pendant ce temps, huit autres accusés, dont six anciens dirigeants d’Apple Daily, doivent être condamnés prochainement, ayant tous plaidé coupables. L’avocat de M. Lai, Robert Pang, avait mis en garde contre la dureté d’une longue peine de prison pour un homme de son âge et de sa condition physique, soulignant que « chaque jour que (Lai) passe en prison le rapprochera d’autant plus de la fin de sa vie ». Les procureurs ont toutefois présenté un rapport médical assurant que l’état de santé de M. Lai restait « stable ».
Depuis 2020, 386 personnes ont été arrêtées à Hong Kong pour des infractions liées à la sécurité nationale, dont 176 ont été reconnues coupables, illustrant l’ampleur de la répression en cours.