Publié le 2024-02-29 14:35:00. Les personnes vivant avec le VIH (PVVH) présentent un risque significativement accru de développer des symptômes persistants après une infection au Covid-19, touchant divers organes et systèmes, révèle une vaste étude américaine.
- Les PVVH ont 29 % plus de chances de souffrir de COVID long que les personnes séronégatives.
- Des troubles neurologiques, des problèmes de santé mentale et des affections respiratoires sont particulièrement fréquents chez les PVVH après une infection au Covid-19.
- L’inflammation chronique liée au VIH pourrait expliquer cette vulnérabilité accrue.
Une étude menée par des chercheurs de l’Arnold School of Public Health de l’Université de Caroline du Sud a analysé les données de santé de plus de 838 520 adultes ayant contracté le Covid-19 entre mars 2020 et janvier 2022. Parmi ces patients, 2 662 (0,3 %) étaient séropositifs. Les chercheurs ont défini le COVID long comme la persistance de symptômes entre 30 et 180 jours après l’infection initiale, regroupés en 13 catégories affectant différents systèmes organiques.
Les résultats indiquent que 16,3 % des PVVH ont reçu un diagnostic de COVID long, contre 10,6 % des personnes séronégatives. Ce qui se traduit par une augmentation du risque de 29 % de développer une forme prolongée de la maladie. L’étude, publiée dans le Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes, met en évidence une vulnérabilité particulière des PVVH face aux séquelles du Covid-19.
L’analyse des symptômes spécifiques a révélé que les PVVH étaient plus de deux fois plus susceptibles de souffrir de troubles du système nerveux (rapport de risque ajusté [aHR] de 2,04), incluant des maux de tête, des douleurs nerveuses et des troubles du sommeil. Ils présentaient également un risque accru de 78 % (aHR de 1,78) de développer des symptômes mentaux, comportementaux et neurodéveloppementaux, ainsi que des maladies respiratoires.
D’autres affections, telles que les maladies endocriniennes et métaboliques (aHR de 1,70), les troubles génito-urinaires (aHR de 1,59), les maladies du système digestif (aHR de 1,47) et les affections musculo-squelettiques (aHR de 1,45), étaient également plus fréquentes chez les PVVH. En revanche, les diagnostics liés au système circulatoire ne présentaient pas de différences significatives entre les deux groupes.
L’inflammation chronique, un facteur de risque potentiel
Les symptômes les plus courants observés chez les PVVH et les personnes séronégatives souffrant de COVID long étaient la fatigue, les douleurs abdominales et les problèmes musculaires et articulaires. Les chercheurs suggèrent que l’activation immunitaire chronique et l’inflammation associées au VIH, même chez les patients sous traitement antirétroviral, pourraient augmenter la susceptibilité au développement de symptômes persistants après une infection au Covid-19.
Les auteurs de l’étude soulignent la complexité et la nature multi-organique du COVID long, ainsi que le risque accru auquel sont confrontées les PVVH. Ils insistent sur la nécessité d’une approche collaborative impliquant les professionnels de santé, les organisations communautaires et les décideurs politiques afin d’optimiser l’allocation des ressources et de garantir un accès adéquat aux soins et au suivi pour les personnes concernées.
« Une collaboration intersectorielle entre les prestataires de soins de santé, les organisations communautaires et les décideurs politiques est nécessaire pour optimiser l’allocation des ressources et garantir que les individus reçoivent le traitement et l’entretien nécessaires. »
Auteurs de l’étude
Il est important de noter que l’étude présente certaines limites. L’utilisation de codes de diagnostic issus des dossiers de santé électroniques pourrait ne pas refléter l’ensemble des informations pertinentes. De plus, l’absence de données sur les marqueurs inflammatoires et la composition majoritairement noire et urbaine de la cohorte étudiée pourraient limiter la généralisation des résultats.
Pour plus d’informations sur le VIH et le COVID-19, vous pouvez consulter le site de Sida Info Service.