Deux ressortissantes chinoises ont été jugées à Jeju pour avoir pratiqué des interventions dentaires clandestines auprès de leurs compatriotes, souvent en situation irrégulière ou ayant des difficultés d’accès aux soins conventionnels.
L’affaire a débuté avec la comparution devant le tribunal de district de Jeju de deux femmes, âgées d’une trentaine et d’une quarantaine d’années, sous le nom de code A et B. Elles sont poursuivies pour violation de la loi spéciale relative à la répression des atteintes à la santé publique. Les faits reprochés s’étendent sur une période d’environ quatre mois, de mai à septembre derniers, durant laquelle elles auraient réalisé des actes de soins dentaires sans aucune autorisation ni diplôme, dans un immeuble résidentiel de Yeondong, dans la ville de Jeju. Leurs principaux clients étaient des immigrés chinois, y compris ceux en situation irrégulière ou ayant contracté des mariages mixtes.
Grâce à l’application de messagerie chinoise WeChat, le duo aurait diffusé des annonces promettant des « traitements dentaires à bas prix ». L’objectif était de cibler spécifiquement la communauté chinoise rencontrant des obstacles pour accéder aux soins médicaux en Corée. Les tarifs pratiqués s’élevaient en moyenne à 8 000 yuans (environ 1,6 million de wons sud-coréens) par patient pour des procédures illégales, telles que des poses de facettes dentaires.
Selon les informations, M. A aurait pratiqué des actes irréguliers sur 26 personnes, tandis que M. B en aurait traité 27. L’ensemble des opérations aurait généré un bénéfice d’environ 9,4 millions de wons. Il est à noter que certains patients ayant eu recours à ces pratiques ont dû subir de nouveaux traitements pour corriger les séquelles laissées par ces interventions rudimentaires. Les prévenues auraient importé directement de Chine près de 400 dispositifs médicaux, appartenant à 27 catégories différentes, y compris du matériel dentaire portatif et des moules. Elles auraient exercé leur « art » en arborant des blouses blanches, se faisant passer pour des professionnels habilités.
Devant le tribunal, les deux femmes ont reconnu les faits, déclarant simplement « Nous réfléchissons ». Le parquet a par ailleurs demandé une enquête complémentaire concernant d’éventuelles accusations de négligence professionnelle à l’encontre de M. A. La prochaine audience est prévue pour le 18 de ce mois.