Publié le 4 novembre 2025. Alors que la Bourse de Séoul (KOSPI) tutoie des sommets historiques, les autorités financières semblent adopter une position plus nuancée sur l’endettement des investisseurs, tout en reconnaissant le potentiel de croissance du marché. Cette nouvelle approche suscite néanmoins des inquiétudes face à une dette des particuliers atteignant des niveaux records.
- Le KOSPI a récemment franchi la barre des 4 200 points, marquant un « marché haussier sans précédent ».
- Le vice-président de la Commission des services financiers, Kwon Dae-young, a suggéré que l’investissement par emprunt pouvait être considéré comme une forme d’investissement à effet de levier, à condition d’être géré avec prudence.
- La dette des investisseurs individuels, notamment via les prêts sur marge, atteint des niveaux historiquement élevés, soulevant des préoccupations quant à une surchauffe du marché.
Dans un contexte de marché boursier effervescent, Kwon Dae-young, vice-président de la Commission des services financiers (FSC), a exprimé une vision quelque peu évoluée sur l’investissement à crédit. Lors d’une intervention radiophonique le 4 novembre, il a déclaré : « L’investissement par emprunt (investissement avec de l’argent emprunté) a été considéré comme une très mauvaise chose, mais je pense qu’il peut être considéré comme une sorte d’investissement à effet de levier ». Cette déclaration contraste avec la prudence habituelle des autorités financières vis-à-vis de l’endettement des particuliers sur les marchés financiers. M. Kwon a toutefois précisé qu’il était essentiel de « gérer le portefeuille à un niveau approprié et investir à un niveau qui peut être toléré », mettant en garde contre les emprunts sans discernement.
Le vice-président a également souligné la performance des actions coréennes sur le long terme, affirmant que sur dix ans, les investissements en actions ont généré les meilleurs rendements, surpassant l’immobilier, les dépôts bancaires et les dix premières capitalisations boursières. Interrogé sur la possibilité que le KOSPI dépasse les 5 000 points, il a estimé qu’il n’était pas opportun pour les responsables gouvernementaux de spéculer sur les indices boursiers, tout en concédant que ce scénario était « bien sûr possible ». Cette sortie médiatique d’un haut responsable financier est interprétée comme un signal fort destiné à soutenir la confiance des investisseurs et à stimuler le marché.
Cependant, cette période faste ne manque pas d’inquiéter une partie des observateurs. L’augmentation spectaculaire de la dette contractée par les investisseurs particuliers, surnommés « fourmis » en Corée du Sud, pour financer leurs achats d’actions, est jugée inhabituelle. Les chiffres récents confirment cette tendance : le solde des prêts liés aux opérations de crédit, un indicateur clé de l’endettement des investisseurs, a atteint un niveau record de 25 526,9 milliards de wons (environ 17 milliards d’euros) au 31 octobre 2025, selon la Financial Investment Association. Ce montant se rapproche du plus haut historique et témoigne d’une prise de risque accrue, alimentant les craintes d’une potentielle bulle spéculative.
Si le soutien des autorités financières à la dynamique du marché boursier peut s’expliquer par l’objectif présidentiel de M. Lee Jae-myung d’atteindre les 5 000 points au KOSPI, la situation actuelle soulève des questions éthiques. De nombreux jeunes investisseurs recourent à des crédits à taux élevés, voire à des cartes de crédit, pour investir. Face à cette réalité, il est impératif que le gouvernement communique activement sur les risques inhérents à ces pratiques. Les déclarations des officiels ne doivent pas être interprétées comme un encouragement généralisé à l’investissement boursier à crédit, mais plutôt comme une mise en garde visant à prévenir un endettement excessif et préjudiciable.