Home Économie Investir dans l’immobilier grâce à votre pension. Est-ce que ça touche à sa fin ? – Le temps irlandais

Investir dans l’immobilier grâce à votre pension. Est-ce que ça touche à sa fin ? – Le temps irlandais

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Publié le 10 février 2026 06:01:00. L’Autorité des pensions irlandaise envisage de durcir les règles d’investissement pour les fonds de retraite, en particulier pour les PRSA non standards, suite à des pertes importantes subies par les épargnants dans des placements non réglementés comme les obligations de prêt.

  • L’Autorité des pensions pourrait imposer des restrictions plus strictes sur les types d’actifs dans lesquels les fonds de retraite peuvent investir.
  • Cette initiative fait suite à des pertes significatives pour les épargnants ayant investi dans des obligations de prêt, notamment via Arena Capital Partners.
  • Les professionnels du secteur s’inquiètent de l’impact de ces nouvelles règles sur la flexibilité des investissements et l’accès à des opportunités comme l’immobilier.

L’Autorité des pensions irlandaise (Pensions Authority) s’apprête à resserrer la vis sur les fonds de retraite, en particulier ceux qui investissent dans des actifs considérés comme plus risqués. Cette décision intervient après que de nombreux épargnants ont subi des pertes considérables suite à des investissements dans des prêts non réglementés, un secteur qui a connu des difficultés ces derniers mois.

Le cas d’Arena Capital Partners, une entreprise active dans le financement de projets éoliens de petite et moyenne taille en Europe, a particulièrement mis en lumière ce problème. L’entreprise devait 112 millions d’euros à 1 600 détenteurs d’obligations de prêt, et plus de la moitié des pertes ont été supportées par des investisseurs en retraite. Les détenteurs de ces obligations devraient recevoir un remboursement partiel dans le cadre d’un plan de restructuration.

D’autres entreprises, comme Dolphin Trust et Blackbee Investments, ont également rencontré des difficultés, ce qui a incité l’Autorité des pensions à se pencher sur les PRSA (Personal Retirement Savings Accounts) – et plus particulièrement les PRSA non standards. L’autorité estime que ces derniers devraient désormais investir principalement sur des marchés réglementés et de manière diversifiée.

Cette nouvelle approche fait écho à la transposition de la directive Iorps II, qui avait déjà conduit à une modification des règles concernant les petits régimes de retraite autogérés (SSAPS) et les retraites des cadres en 2021. Avant Iorps II, ces régimes bénéficiaient d’un traitement plus souple que les grands fonds de pension. L’introduction de cette directive a incité de nombreux épargnants à transférer leurs actifs vers des PRSA non standards, mais ces derniers pourraient à présent être contraints de revoir leur stratégie d’investissement.

L’Autorité des pensions a reçu 47 contributions lors d’une consultation publique organisée à la fin de l’année dernière, mais elle n’a pas encore publié ces réponses. Elle prévoit d’examiner les commentaires et de déterminer si une proposition de modification législative doit être soumise au ministère de la Protection sociale d’ici la fin de l’année.

Les professionnels du secteur s’inquiètent de l’impact potentiel de ces nouvelles règles. Irish Life, par exemple, estime qu’une harmonisation des règles d’investissement restreindrait la flexibilité et les options disponibles pour les épargnants. L’assureur-vie souligne que les règles actuelles pour les PRSA non standards offrent une liberté d’investissement similaire à celle dont disposaient les OMA (one member arrangements) avant la transposition d’Iorps II.

« La proposition réduirait les opportunités pour les investisseurs de retraite expérimentés et bien conseillés, désireux d’un plus large éventail de choix d’investissement qui correspondent plus étroitement à leurs besoins de revenu de retraite – c’est-à-dire l’immobilier direct, le capital-investissement et les instruments non réglementés. »

Irish Life

La Society of Actuaries d’Irlande reconnaît qu’il serait « intéressant » d’exiger que les PRSA investissent principalement sur des marchés réglementés, compte tenu des pertes subies par les investisseurs dans les obligations de prêt. Cependant, elle souligne que les dispositifs existants pourraient déjà être bien diversifiés, car les cotisants PRSA non standards peuvent détenir d’autres régimes de retraite investis sur des marchés réglementés.

Une des questions centrales concerne l’investissement immobilier via les fonds de pension. Les professionnels du secteur estiment que les épargnants devraient conserver la possibilité d’investir directement dans l’immobilier, car cela peut contribuer à augmenter l’offre de logements. De plus, la détention de biens immobiliers offre une sécurité tangible et permet aux épargnants de vendre leur propriété au moment de leur choix, sans les contraintes de liquidité associées à certains fonds.

L’Autorité des pensions pourrait toutefois accorder une dérogation pour les investissements immobiliers, reconnaissant que le risque de pertes importantes sur la propriété directe est potentiellement plus faible que sur d’autres actifs non réglementés.

Investir dans l’immobilier via un fonds de pension présente des avantages fiscaux significatifs. Les revenus locatifs sont directement versés au fonds sans imposition, et les plus-values réalisées lors de la vente ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu. Cependant, il est important de respecter certaines règles, notamment l’interdiction d’acheter un bien immobilier avec sa pension pour le louer à un membre de sa famille ou à une partie liée, et l’obligation de confier la gestion du bien à un tiers.

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