Publié le 15 février 2024 15:12:00. Le gouvernement israélien a adopté une mesure controversée facilitant l’acquisition de terres en Cisjordanie par les colons, suscitant de vives critiques internationales et des craintes d’une annexion de facto du territoire palestinien.
- La nouvelle réglementation permet aux citoyens israéliens d’acheter des terres en Cisjordanie et transfère certaines compétences administratives aux autorités civiles israéliennes.
- L’Allemagne a fermement condamné cette décision, la jugeant contraire au droit international et un obstacle supplémentaire à la solution à deux États.
- L’organisation israélienne Peace Now dénonce un « vol massif de terres » et met en garde contre les conséquences désastreuses de cette politique.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions persistantes en Cisjordanie, où vivent environ 700 000 colons israéliens parmi trois millions de Palestiniens. Israël a conquis la Cisjordanie et Jérusalem-Est lors de la guerre des Six Jours en 1967 et continue d’occuper ces territoires, malgré les condamnations internationales.
Selon les médias, le gouvernement israélien a approuvé cette proposition qui simplifie les procédures d’achat de terrains par les colons. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a qualifié cette mesure d’ »étape importante en matière de politique sécuritaire et administrative » visant à garantir le contrôle total d’Israël dans la région. Il a affirmé qu’elle permettrait d’ »assurer le contrôle total, l’affirmation de soi et la liberté d’action de l’État d’Israël ».
Le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, a pour sa part déclaré :
« Nous poursuivons la révolution de la politique de colonisation et du contrôle de toutes les régions de notre pays. Pour la première fois depuis la guerre des Six Jours en 1967, nous rétablissons l’ordre et la gouvernance dans la gestion des terres en Judée et Samarie (Cisjordanie). »
Cette décision a immédiatement suscité de vives réactions. L’organisation israélienne Peace Now a dénoncé un « vol massif de terres » et a mis en garde contre une « annexion de facto », jugeant cette politique « totalement contraire à la volonté du peuple et contraire aux intérêts israéliens ». L’organisation a également critiqué un « gouvernement radical et irresponsable qui ignore le droit international » et « entraîne le pays vers la catastrophe ».
L’Allemagne a également exprimé sa profonde préoccupation. Un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré que cette décision « contredit les obligations d’Israël en vertu du droit international » et représente « un pas supplémentaire vers une annexion de facto ». Il a rappelé qu’Israël, en tant que puissance occupante, « ne peut construire de colonies, ce qui est contraire au droit international ». Le transfert de certaines activités administratives aux autorités civiles israéliennes est également considéré comme une violation du caractère temporaire de l’occupation.
Les Palestiniens revendiquent la Cisjordanie et Jérusalem-Est pour y établir un État indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale. Cette nouvelle décision israélienne risque de compromettre davantage les perspectives de paix dans la région.