ITV et Sky seraient en pourparlers pour une éventuelle acquisition du géant audiovisuel britannique par l’opérateur de télévision payante. Les discussions, encore à un stade préliminaire, porteraient sur la branche Media and Entertainment d’ITV, qui englobe ses chaînes de télévision et sa plateforme de streaming ITVX, pour un montant estimé à 1,6 milliard de livres sterling (environ 1,9 milliard d’euros).
Cette potentielle alliance intervient dans un contexte de concurrence accrue pour les diffuseurs traditionnels, qui doivent faire face à l’essor des services de streaming mondiaux tels que Netflix et Disney+. Dans ce paysage concurrentiel, les négociations entre ITV et Sky, filiale de l’américain Comcast, pourraient redessiner le marché audiovisuel britannique.
Le périmètre de cette éventuelle transaction n’inclurait pas ITV Studios, la puissante division de production du groupe, à l’origine de programmes à succès comme « Love Island » ou « I’m a Celebrity… Get Me Out of Here! ». Cette distinction est notable, car ITV Studios jouit d’une forte implantation internationale.
La prudence semble de mise dans le secteur. ITV a récemment anticipé une baisse de 9 % de ses revenus publicitaires pour le dernier trimestre de 2025, dans un climat d’incertitude marqué par les annonces budgétaires attendues. Cette prévision souligne les défis économiques auxquels le secteur est confronté.
Comcast, déjà propriétaire de Sky depuis 2018, est un acteur majeur du paysage médiatique américain. Le conglomérat détient également NBCUniversal, qui comprend des chaînes comme NBC et CNBC, ainsi que des studios d’animation et la plateforme de streaming Peacock. L’acquisition de Sky par Comcast avait marqué une étape importante dans la consolidation du marché audiovisuel.
Selon Ian Whittaker, analyste média interrogé par la BBC, une fusion entre Sky et ITV donnerait naissance à un géant détenant « plus de 70 % » du marché publicitaire télévisuel au Royaume-Uni. « Dans des circonstances normales », une telle concentration serait probablement rejetée par les autorités de la concurrence en raison de sa dominance, a-t-il précisé. Cependant, il a nuancé son propos, suggérant que dans le contexte actuel d’incertitude quant à l’avenir de la télévision traditionnelle, une telle opération pourrait être perçue comme un « accord de sauvetage ».
M. Whittaker a par ailleurs souligné que la croissance du secteur résidait désormais dans le streaming, même si « les taux de pénétration ont commencé à se stabiliser au cours des deux dernières années » au Royaume-Uni pour les plateformes établies. La concurrence s’intensifie également avec l’arrivée d’acteurs comme YouTube TV, qui diffuse désormais des événements en direct, y compris des compétitions sportives et des programmes d’actualité.
Une étude récente de l’Ofcom, le régulateur des médias, confirme cette tendance, plaçant YouTube comme le deuxième service médiatique le plus regardé au Royaume-Uni, juste derrière la BBC. De plus, les grands événements sportifs en direct, traditionnellement réservés à la télévision, pourraient migrer de plus en plus vers les plateformes de streaming, les organisations sportives cherchant à capitaliser sur ce marché en pleine expansion.