À Berlin, mère et fils unissent leurs forces pour une mission vitale : le don de sang et de plasma. Jacqueline Kiel et son fils Luca Pannewitz consacrent leur quotidien à cette activité, une profession qu’ils exercent avec fierté et une conviction partagée : « Le sang, c’est en quelque sorte notre vie », confie Jacqueline Kiel. « Il sauve des personnes qui en ont un besoin urgent. »
Luca Pannewitz, formé au sein du centre de don privé Haema à Berlin, exerce le métier d’assistant médical (MFA). C’est lors d’une journée d’orientation professionnelle à l’école qu’il a découvert cette voie. Il a ensuite encouragé sa mère, déjà formée comme MFA, à le rejoindre dans cette profession. Ensemble, ils contribuent quotidiennement à collecter du sang total et du plasma sanguin.
Le centre accueille jusqu’à 200 donneurs par jour, chacun de ces professionnels gérant une trentaine de personnes. Pour chaque don, les donneurs reçoivent une indemnisation forfaitaire de 25 euros.
L’importance du don de plasma est particulièrement mise en lumière lors de la Semaine internationale de sensibilisation au plasma (IPAW), qui se déroule cette année du 6 au 10 octobre. Cet événement vise à attirer l’attention sur la nécessité cruciale de ce don pour les patients. Actuellement, seuls environ 3 % des Allemands font des dons de sang et de plasma. En Allemagne, outre la Croix-Rouge allemande, de nombreux services de don privés, universitaires et communaux collectent du plasma. Haema se positionne comme le plus grand parmi eux, aux côtés d’autres acteurs tels qu’Octapharma Plasma.
Le plasma recueilli chez Haema trouve diverses applications, notamment dans la recherche scientifique et la fabrication de médicaments destinés aux maladies rares. Ces produits sont ensuite acheminés vers une usine de l’entreprise pharmaceutique internationale Grifols en Espagne, dont Haema fait partie. « Une personne souffrant d’une maladie chronique et dépendant de ces médicaments nécessite environ 900 dons par an », précise Britta Diebel, porte-parole de l’entreprise.
Dès sept heures du matin, la journée commence au centre de Berlin-Tegel, les premiers donneurs arrivant une demi-heure plus tard. Le processus de prélèvement, une fois l’aiguille insérée, dure jusqu’à 45 minutes. Le sang prélevé est séparé mécaniquement du plasma. Les globules rouges clarifiés sont ensuite réinjectés au donneur par le même circuit.
La couleur du plasma frais, avant d’être conditionné, peut présenter de légères variations. « La qualité et la couleur du plasma peuvent changer en fonction des conditions physiques du donneur », explique Luca Pannewitz. « Si une personne prend des hormones, le plasma prend une teinte verdâtre. Si quelqu’un a consommé un repas très gras avant son don, le plasma sera également très lipidique, parfois épais comme de la pâte d’amande. La qualité s’en ressent bien sûr. Cependant, les donneurs réguliers ont l’expérience et savent qu’ils doivent manger et boire sainement pour produire un plasma de qualité. »
Certains individus souhaitent faire un geste solidaire mais appréhendent la vue des aiguilles. « Nous sommes nous-mêmes pleinement convaincus de l’importance de notre travail et nous essayons de rassurer ces donneurs », explique Jackie Kiel. « Et cela fonctionne presque toujours. »