Home Santé J’ai respiré la fumée des voitures pour découvrir les effets de la pollution de l’air sur mon corps

J’ai respiré la fumée des voitures pour découvrir les effets de la pollution de l’air sur mon corps

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Publié le 15 février 2026 à 08h00. Une expérience inédite a permis à un journaliste de la BBC de visualiser concrètement l’impact de la pollution atmosphérique sur son propre organisme, révélant une accumulation de particules nocives dans son sang après une simple exposition de dix minutes dans le centre de Londres.

  • La pollution de l’air, invisible à l’œil nu, pénètre dans la circulation sanguine et se dépose dans les organes.
  • Au Royaume-Uni, on estime que 30 000 décès par an sont liés à la mauvaise qualité de l’air.
  • Des mesures simples, comme marcher dans des rues moins fréquentées ou porter un masque FFP2, peuvent réduire l’exposition.

Le journaliste James Gallagher a participé à une expérience menée par le professeur Jonathan Grigg de l’Université Queen Mary de Londres. L’objectif : observer en temps réel les effets de la pollution atmosphérique sur le corps humain. Après une exposition de seulement dix minutes à une rue très passante de Londres, une analyse de son sang a révélé la présence de particules noires, des fragments de carbone issus de la combustion incomplète de carburants, adhérentes aux globules rouges.

« Ce que nous examinons, c’est si les particules plus petites non seulement restent dans les poumons, mais passent également dans la circulation sanguine et traversent le corps », explique le professeur Grigg. Contrairement à une idée reçue, la pollution ne serait pas filtrée par le nez ou la bouche, mais atteindrait directement les organes internes.

L’étude a montré qu’en moyenne, un globule rouge sur deux à trois mille contenait une particule de pollution. Bien que cela puisse sembler faible, les chercheurs estiment qu’un adulte pourrait avoir jusqu’à 80 millions de globules rouges contaminés dans ses cinq litres de sang. Ces particules, de moins de 2,5 micromètres (PM 2,5), proviennent principalement des pots d’échappement, mais aussi de l’usure des pneus et des freins.

Le professeur Grigg qualifie son laboratoire de « salle d’exposition », soulignant la facilité avec laquelle nous sommes exposés à ces particules nocives. Il précise que la pollution de l’air ne disparaît pas rapidement de l’organisme : les niveaux observés dans le sang diminuent après environ deux heures d’exposition à un air pur, mais les particules peuvent se loger dans divers organes, potentiellement filtrées par les reins et excrétées dans l’urine.

Les conséquences de cette pollution sont multiples et inquiétantes. L’inflammation, une réaction naturelle du corps, peut être exacerbée par la pollution, augmentant le risque de maladies cardiovasculaires, de cancers et de troubles neurologiques. Des études suggèrent que la pollution de l’air pourrait même affecter le développement du cerveau des bébés in utero et accélérer le processus de démence.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 99 % de la population mondiale respire un air pollué, causant environ 7 millions de décès par an. Au Royaume-Uni, ce chiffre est estimé à 30 000 décès annuels, selon un rapport du Royal College of Physicians. Stephen Holgate, qui a dirigé ce rapport, insiste sur le fait que les preuves de la nocivité de la pollution atmosphérique sont indéniables et que les améliorations de la qualité de l’air sont directement corrélées à des bénéfices pour la santé.

Pour limiter l’exposition à la pollution, il est recommandé de privilégier les rues secondaires moins fréquentées et de s’éloigner de la circulation. Le port d’un masque FFP2 peut également être envisagé, notamment pour les personnes vulnérables. Cependant, la solution à long terme réside dans des politiques publiques ambitieuses visant à réduire les émissions polluantes, notamment dans le secteur automobile.

Le Dr Norrice Liu a analysé le sang du journaliste Gallagher après qu'il soit resté 10 minutes à côté d'une avenue très fréquentée.

Source des images, Tom Bonnet

légende de la photo, Le Dr Norrice Liu a analysé le sang du journaliste Gallagher après qu’il soit resté 10 minutes à côté d’une avenue très fréquentée.

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