Publié le 25 février 2026. Le télescope spatial James Webb a dévoilé une cartographie inédite de l’atmosphère supérieure d’Uranus, révélant des détails surprenants concernant son champ magnétique unique et les aurores rosées qui illuminent cette planète de glace géante.
- Le télescope James Webb a observé Uranus pendant 15 heures pour étudier la distribution de l’énergie dans sa haute atmosphère.
- Les données révèlent une température moyenne de l’atmosphère d’Uranus d’environ 153 degrés Celsius, inférieure aux mesures précédentes.
- L’étude confirme que l’atmosphère supérieure d’Uranus continue de se refroidir depuis les années 1990.
Pour la première fois, les scientifiques ont pu observer en trois dimensions la haute atmosphère d’Uranus, grâce à la sensibilité exceptionnelle du télescope spatial James Webb (JWST). Cette avancée permet de mieux comprendre comment l’énergie se propage dans l’atmosphère de la planète et comment son champ magnétique, particulièrement atypique, influence ce processus.
Uranus se distingue par son axe de rotation presque perpendiculaire à son orbite, ce qui lui confère des saisons extrêmes de 42 années terrestres. De plus, son champ magnétique est incliné de 60 degrés par rapport à son axe de rotation, une particularité qui génère des aurores spectaculaires, visibles bien au-delà des régions polaires. Les images capturées par le JWST montrent ces aurores sous forme de taches rosées.
Les mesures effectuées par le JWST, grâce à son instrument NIRSpec, ont permis de cartographier la température et la densité ionique jusqu’à une altitude de 5 000 kilomètres au-dessus des nuages d’Uranus. Les résultats indiquent que la température maximale se situe entre 3 000 et 4 000 kilomètres, tandis que la densité ionique atteint son pic vers 1 000 kilomètres. Ce déséquilibre est lié à la complexité de la géométrie du champ magnétique de la planète.
« La magnétosphère d’Uranus est l’une des plus étranges du système solaire »,
Paola Tiranti, doctorante à l’Université de Northumbria, en Angleterre
Les données du JWST révèlent également la présence de deux bandes lumineuses d’aurores près des pôles magnétiques d’Uranus, séparées par une zone de moindre densité ionique et d’émissions aurorales. Les scientifiques pensent que cet effet pourrait être dû à des transitions entre les lignes du champ magnétique, un phénomène similaire à celui observé dans la haute atmosphère de Jupiter.
En outre, l’étude confirme une tendance observée depuis le début des années 1990 : l’atmosphère supérieure d’Uranus continue de se refroidir. Cette découverte est cruciale pour mieux comprendre le bilan énergétique des planètes géantes de glace et, par extension, des exoplanètes similaires situées en dehors de notre système solaire.
« En révélant en détail la structure verticale d’Uranus, Webb nous aide à comprendre le bilan énergétique de la planète géante de glace », a ajouté Paola Tiranti. « Il s’agit d’une étape cruciale vers la caractérisation des planètes géantes en dehors de notre système solaire. » (Science en direct/Z-2)