Publié le 07/10/2025. Le président argentin Javier Milei a enflammé la scène de la Movistar Arena de Buenos Aires samedi dernier, non pas pour un discours politique, mais pour un concert de rock devant 15 000 personnes en liesse. Accompagné de ses ministres et proches, il a interprété des chansons, suscitant un mélange de perplexité et de fascination dans la presse locale.
- Le président d’ultradroite Javier Milei a organisé un concert de rock, où il a chanté devant une foule nombreuse.
- Cet événement, mélangeant meeting politique et spectacle musical, visait à relancer sa campagne et à faire oublier les récentes difficultés gouvernementales.
- La presse argentine a qualifié cet événement de « surréaliste » et d’« orchestrale du Titanic », s’interrogeant sur sa pertinence face aux défis économiques du pays.
C’est dans un élan vocal intense, au rythme de la chanson « Donne-moi du feu, donne-moi le feu de ton amour », que Javier Milei s’est présenté, suintant et visiblement investi, le 7 octobre. La Movistar Arena de Buenos Aires a vibré sous les décibels et l’enthousiasme d’une foule estimée à 15 000 personnes. La star du spectacle ? Le président argentin lui-même, épaulé par un orchestre composé de plusieurs de ses ministres et de proches, baptisé « le groupe du président ».
L’initiative a laissé une partie de la presse locale dubitative. Le quotidien El País América s’est demandé avec ironie : « Comment qualifier ce que l’on a vécu lundi soir à Buenos Aires ? ». Pour le journal conservateur La Nación, l’adjectif qui s’impose est « surréaliste ». Dans un autre article, le même quotidien décrit une « nuit de catharsis entre le président et ses admirateurs, après des mois de revers politiques et avec une économie à la dérive », dressant même la liste des titres interprétés par le chef de l’État et son groupe.
Une soirée « cathartique » face aux difficultés
Ces dernières semaines ont en effet été éprouvantes pour le président Milei. Une économie vacillante, des allégations de corruption impliquant sa sœur et conseillère proche, et plusieurs revers parlementaires ont marqué son mandat. Le média Eldiar a qualifié ce spectacle de « vengeance d’adolescent », notant que le public a éclaté en applaudissements lorsqu’une photo de Donald Trump aux côtés de Javier Milei est apparue sur grand écran, scandant « Milei, chéri, le peuple est avec toi ».

Ce « karaoké hallucinogène », comme le décrit le média Tiempo Argentino, coïncidait avec la présentation du nouveau livre du président argentin, intitulé « La construction du miracle ». Un terme que Javier Milei emploie pour revendiquer le redressement économique du pays. L’ouvrage de 600 pages retrace ses premiers mois à la tête de l’Argentine depuis son investiture en décembre 2023. Cependant, la soirée se voulait avant tout un meeting de campagne, à moins de trois semaines des élections de mi-mandat, qui s’annoncent délicates pour le président.
« L’orchestre du Titanic » face au naufrage ?
Le caractère singulier de cet événement n’a pas manqué de susciter des réactions dans l’opposition. Le gouverneur péroniste de la province de Buenos Aires, Axel Kicillof, cité par Clarín, a déclaré : « Il faut souligner le degré de folie que tout cela implique », visiblement interloqué par l’initiative de Javier Milei.
El País América tente une analyse stratégique : « Plus personne ne parle aujourd’hui de ‘miracle’ en Argentine, mais d’un gouvernement qui cherche des formules pour sortir vivant du bourbier. Ce concert présidentiel fait partie de cette stratégie : récupérer la mystique de la campagne de 2023 et positionner Milei comme ‘outsider’ ». Plus sévère, Tiempo Argentino qualifie le spectacle d’« orchestre du Titanic », jouant obstinément alors que le navire semble sombrer.