Dans un quartier résidentiel de Californie, les nuisances sonores prennent une tournure particulièrement délicate. Une habitante, souffrant d’émétophobie, se retrouve confrontée quotidiennement aux bruits de vomissements de sa jeune voisine, créant un malaise certain pour elle et son entourage.
La situation se déroule dans une maison de ville mitoyenne, où la configuration des bâtiments en stuc semble amplifier les sons, créant un effet de canyon acoustique. Si des arbres matures offrent une intimité visuelle, ils se révèlent impuissants face aux nuisances sonores. Le problème se cristallise depuis que la petite-fille d’un couple voisin, qui réside temporairement avec ses grands-parents pour ses études universitaires, a pris l’habitude de se rendre dans un coin reculé de leur jardin, près d’un abri, pour vomir bruyamment. Ce geste, répété au moins deux fois par jour, matin et soir, est perçu par trois foyers voisins.
Pour la lectrice qui s’adresse à « Chère Prudence », cette situation est particulièrement éprouvante. Son émétophobie, une peur irrationnelle et intense du vomi, la paralyse. Elle raconte comment, dans le passé, elle a toujours dû s’éloigner lors des moments de maladie de ses propres filles, son mari assurant seul les soins nécessaires pour éviter de déclencher sa propre crise.
Bien que les vomissements de la voisine ne soient pas suffisamment intenses pour provoquer directement son propre malaise, leur répétition et leur proximité sont une source de grande désagrément. La lectrice imagine que la jeune fille, si elle réalisait que ses faits et gestes sont audibles, chercherait une autre solution. Cependant, la question épineuse est de savoir comment aborder le sujet avec tact et compassion. Elle hésite à en parler aux grands-parents, d’autant que le motif de ces malaises n’est pas clairement établi, et qu’il pourrait s’agir d’un trouble alimentaire comme la boulimie. Elle ne souhaite pas s’immiscer dans la vie privée de la jeune fille ni évaluer ses besoins d’aide, mais espère simplement que les nuisances cesseront.
La lectrice envisage de frapper à la porte de ses voisins pour parler directement à la jeune fille, en lui expliquant que le son porte jusqu’à sa chambre à coucher, surtout près de la clôture arrière. Elle se demande si elle devrait commencer par lui demander si tout va bien, tout en reconnaissant que sa propre conscience est tiraillée à l’idée qu’une intervention puisse l’encourager à dissimuler son problème plutôt qu’à chercher de l’aide. Elle se demande également si elle a la responsabilité d’intervenir, tout en reconnaissant qu’une conversation avec la grand-mère pourrait potentiellement résoudre le problème sonore tout en offrant un soutien à la jeune fille.
Face à cette situation complexe, le conseil de « Chère Prudence » est clair : il faut laisser cette affaire tranquille. Bien que la situation soit pénible pour la lectrice, elle l’est encore plus pour la voisine qui semble traverser une période difficile. Selon la chroniqueuse, les vomissements, même répétés plusieurs fois par jour, ne constituent pas une base légitime pour une plainte formelle, même en tenant compte de la phobie de la lectrice. Elle suggère plusieurs solutions pour atténuer le désagrément sonore : fermer les fenêtres, utiliser des écouteurs ou des bouchons d’oreilles, écouter du bruit blanc ou de la musique, ou se retirer dans une autre pièce de la maison.
Si la lectrice ressent un besoin impérieux de dire quelque chose, « Chère Prudence » suggère une approche directe mais brève à l’adresse de la jeune fille : « Excusez-moi, ça va ?! » lancée depuis la fenêtre. Cette intervention, si la jeune fille peut l’entendre, pourrait potentiellement aboutir à ce que la lectrice espère. Cependant, cela ne résoudrait pas le problème plus profond, qui semble être une boulimie apparente.