Publié le 16 février 2026 à 16h20. Une nouvelle analyse scientifique remet en question l’efficacité du jeûne intermittent comme méthode de perte de poids, la comparant défavorablement aux régimes traditionnels et soulignant des limites méthodologiques importantes dans les études existantes.
- Une analyse Cochrane portant sur 22 études révèle que le jeûne intermittent n’est pas plus efficace que les régimes classiques pour perdre du poids.
- Bien que supérieur à l’absence de régime, le jeûne intermittent n’entraîne qu’une perte de poids d’environ 3 %, jugée cliniquement non significative.
- Les chercheurs soulignent la nécessité de mener des études plus rigoureuses et homogènes pour évaluer correctement les effets du jeûne intermittent.
Le jeûne intermittent, devenu une tendance populaire ces dernières années, est-il réellement un allié minceur ? Une équipe internationale de chercheurs s’est penchée sur la question en analysant les données de 22 études internationales, portant sur un total de 1 995 participants en surpoids ou obèses. Les travaux, publiés entre 2016 et 2024, ont été examinés par le réseau Cochrane, reconnu pour la qualité et la fiabilité de ses analyses.
Le jeûne intermittent : un effet « potentiellement faible, voire inexistant »
Les résultats de cette vaste étude sont pour le moins nuancés. Les participants ayant suivi un régime de jeûne intermittent n’ont perdu en moyenne qu’environ 3 % de leur poids corporel. Un chiffre bien inférieur aux 5 % considérés par les médecins comme un seuil de perte de poids cliniquement pertinent. L’analyse confirme ainsi que le jeûne intermittent n’offre pas d’avantage significatif par rapport aux régimes alimentaires traditionnels. De plus, aucune amélioration notable de la qualité de vie n’a été constatée chez les participants.
Les auteurs de l’étude tempèrent toutefois leurs conclusions, reconnaissant un certain degré d’incertitude. Ils évaluent la fiabilité des résultats comme « faible », le deuxième niveau le plus bas sur une échelle de quatre niveaux utilisés pour évaluer la solidité des découvertes scientifiques. Cette prudence est justifiée par le fait que la plupart des études analysées étaient de petite taille et présentaient des lacunes méthodologiques.
Le jeûne intermittent : mieux que rien ?
Malgré ces réserves, l’étude ne rejette pas complètement l’intérêt du jeûne intermittent. Elle souligne qu’il peut être une option utile pour les personnes qui ne suivent aucun régime alimentaire.
« Le jeûne intermittent peut être une option utile pour certaines personnes, mais les preuves actuelles ne justifient pas l’enthousiasme que l’on peut observer sur les réseaux sociaux. »
Luis Garegnani, auteur de l’étude et directeur du Centre Cochrane de l’hôpital universitaire italien de Buenos Aires
L’équipe de recherche insiste sur la nécessité de mener des études complémentaires pour mieux comprendre les effets du jeûne intermittent et identifier les populations qui pourraient en bénéficier le plus.
« Je suis un peu déçue » : la réaction d’autres chercheurs
D’autres scientifiques partagent l’avis selon lequel des recherches supplémentaires sont nécessaires. Jörg Meerpohl, de l’hôpital universitaire de Fribourg, estime que les études actuelles ne fournissent que des indications et non des preuves solides. Il salue néanmoins la qualité méthodologique de l’examen Cochrane, qui respecte les normes les plus strictes.
« Jusqu’à présent, il ne s’agissait que d’indications, pas de preuves – cela signifie que nous ne pouvons pas encore évaluer l’efficacité du jeûne intermittent avec suffisamment de certitude. »
Jörg Meerpohl, directeur de Cochrane Allemagne
Annette Schürmann, porte-parole du Centre allemand de recherche sur le diabète, se dit « un peu déçue » par l’étude, espérant une clarification plus nette de l’état actuel des connaissances. Elle critique notamment l’hétérogénéité des études sélectionnées, qui incluaient des groupes de participants et des méthodes de jeûne intermittent très différents.
Stefan Kabisch, de la Charité Berlin, souligne également ce problème : « L’étude comprend des dizaines de types de jeûne intermittent qu’il ne faut pas regrouper. » Leonie Heilbronn, de l’Université d’Adélaïde en Australie, explique que l’étude commet une erreur en ne distinguant pas les différents types de jeûne intermittent, qui n’ont pas tous le même impact sur la perte de poids.
Le jeûne intermittent a plusieurs visages
Par exemple, la méthode 8h16 consiste à manger pendant huit heures par jour et à jeûner pendant les 16 heures restantes. La méthode 5:2 alterne cinq jours d’alimentation normale avec deux jours de restriction calorique importante. Certains, comme la lectrice Nadia, utilisent même la méthode 4:3. L’ancien Premier ministre britannique Rishi Sunak affirme jeûner du dimanche 17h au mardi 17h. Le jeûne à un jour sur deux (ADF) consiste à jeûner un jour sur deux. Il existe également la méthode dite d’un repas par jour.
IMAGO/i Images
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