Publié le 2025-10-15 14:04:00. L’émétophobie, cette peur irrationnelle et envahissante de vomir, touche de nombreuses personnes et peut considérablement altérer leur quotidien. Ce trouble anxieux prend souvent racine durant l’enfance, suite à des épisodes marquants de nausées ou de vomissements, vécus personnellement ou observés chez un proche.
Selon Rodolfo Damiano, psychiatre et professeur à l’Institut de psychiatrie de l’USP, une prédisposition génétique peut également jouer un rôle. Les individus présentant un tempérament plus anxieux, perfectionniste ou particulièrement sensibles aux sensations corporelles se trouvent ainsi plus vulnérables.
« Il existe également une prédisposition génétique. Les personnes ayant un profil plus anxieux, perfectionniste ou sensible aux sensations corporelles sont plus vulnérables. »
Rodolfo Damiano, psychiatre et professeur du programme de troisième cycle à l’Institut de psychiatrie de l’USP
Des événements de vie stressants, tels qu’une grossesse ou certaines infections, peuvent agir comme de véritables déclencheurs, particulièrement chez les personnes déjà sujettes à l’anxiété ou à un trouble obsessionnel-compulsif, comme le souligne le Dr Damiano.
Les personnes souffrant d’émétophobie développent souvent une hypervigilance concernant leur propre corps et leur alimentation. Par crainte de tomber malades, elles ont tendance à éviter certains aliments, lieux ou situations, allant parfois jusqu’à refuser des invitations sociales, des voyages ou des engagements.
Dans les formes les plus sévères, l’anxiété anticipatoire, c’est-à-dire la peur d’avoir peur, devient une compagne quasi constante. Cette angoisse peut se manifester par des symptômes physiques tels que tachycardie, transpiration excessive, nausées et vertiges, simplement à l’idée de vomir.