Home Santé Journée des Nations Unies 2025 : Construire ensemble l’avenir de la santé au Soudan du Sud | OMS

Journée des Nations Unies 2025 : Construire ensemble l’avenir de la santé au Soudan du Sud | OMS

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Publié le 24 octobre 2024. À l’occasion du 80e anniversaire des Nations Unies, le Soudan du Sud, jeune nation en quête de stabilité, fait face à des défis sanitaires considérables mais démontre une résilience prometteuse. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne l’importance d’investir dans la santé comme pilier de la paix et du développement.

  • Le Soudan du Sud affiche des taux de mortalité maternelle et infantile parmi les plus élevés au monde, dus à un accès limité aux soins et à un manque criant de personnel et d’infrastructures de santé.
  • Malgré ces difficultés, le pays a récemment intégré le vaccin contre le paludisme dans son programme national et maintient une surveillance de la poliomyélite de niveau international.
  • Le système de santé sud-soudanais est accablé par un triple fardeau : maladies transmissibles, maladies non transmissibles en hausse et un nombre important de blessures liées aux conflits et aux accidents.

Alors que l’Organisation des Nations Unies (ONU) célèbre ses 80 ans d’existence, le Soudan du Sud se trouve à un moment charnière. Cette jeune nation, née en 2011, recèle un potentiel immense mais peine encore à se départir des crises récurrentes qui frappent son territoire. Dans ce contexte d’incertitude, la santé apparaît non plus comme un simple service, mais comme le socle essentiel de la paix, de la résilience et de l’espoir.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui souffle ses 77 bougies, partage l’esprit d’unité qui a présidé à la création de l’ONU en 1945. Dès ses origines, l’organisation a reconnu la santé comme un droit humain fondamental et un moteur de développement. Au Soudan du Sud, cette conviction guide aujourd’hui la mission de l’OMS : sauver des vies, protéger les populations et bâtir un avenir sanitaire solide pour le pays.

Le parcours sanitaire du Soudan du Sud depuis son indépendance est marqué par des obstacles de taille. Plus de 80 % de la population vit en zones rurales, où l’accès aux structures de santé est très limité. La mortalité maternelle y demeure l’une des plus dramatiques au monde, s’élevant à 1 223 décès pour 100 000 naissances vivantes. Chez les enfants de moins de cinq ans, la mortalité est près de deux fois supérieure à la moyenne planétaire. Le système de santé, sous-dimensionné avec seulement 7,6 agents de santé et 1,4 établissement pour 10 000 habitants, est constamment sous pression.

Ces chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Parallèlement à ces défis, le Soudan du Sud témoigne d’une remarquable résilience, d’innovation et de progrès. En 2023, le pays s’est distingué en devenant l’un des premiers en Afrique à introduire le vaccin contre le paludisme dans son programme de vaccination national, offrant ainsi une protection cruciale aux plus jeunes. La surveillance de la poliomyélite a atteint des standards mondiaux, avec un taux d’échantillonnage de selles adéquat de 95 % et une détection de la paralysie flasque aiguë dépassant les normes internationales. Ces succès, loin d’être anodins, prouvent que des avancées significatives sont possibles avec un engagement soutenu.

Le Soudan du Sud est confronté à ce que l’OMS appelle le « triple fardeau des maladies » :

  • Les maladies transmissibles comme le paludisme, le VIH, la tuberculose, les maladies tropicales négligées et la pneumonie restent les premières causes de mortalité.
  • L’incidence des maladies non transmissibles, telles que l’hypertension artérielle, le diabète et les cancers, est en augmentation constante.
  • Les traumatismes, qu’ils soient dus aux accidents de la route, aux troubles civils ou aux affrontements intercommunautaires, affectent durement la population jeune et active du pays.

Relever ce triple défi exige non seulement des stratégies de traitement, mais également des actions de prévention, une préparation accrue face aux crises et des investissements massifs dans des systèmes de santé résilients.

Le rôle de l’OMS au Soudan du Sud va au-delà de la simple prestation de services. L’organisation travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Santé, les communautés et les partenaires afin de renforcer les fondements des soins de santé. Ensemble, les actions menées ont permis de :

  • Renforcer la réponse aux urgences sanitaires par la formation et le déploiement rapide d’équipes d’intervention et d’agents de santé.
  • Améliorer la préparation des communautés, particulièrement face aux inondations et autres catastrophes naturelles.
  • Élargir le soutien en santé mentale et le soutien psychosocial, reconnaissant l’importance de la guérison psychologique autant que physique.
  • Mener des actions de prévention et de contrôle des maladies grâce à des campagnes de vaccination et de distribution de médicaments, l’introduction du vaccin contre le paludisme, le renforcement des systèmes d’intervention d’urgence, l’extension des services de lutte contre le VIH et la tuberculose, l’amélioration des capacités de laboratoire et une surveillance épidémiologique accrue.
  • Investir dans la résilience des systèmes sanitaires locaux pour mieux répondre aux crises immédiates et anticiper les menaces futures.

Ces efforts s’inscrivent dans une vision ambitieuse : celle d’un Soudan du Sud où chaque enfant est vacciné, chaque mère accouche en sécurité et chaque communauté est capable de résister aux chocs liés aux conflits, aux catastrophes naturelles ou aux épidémies. Grâce à des partenariats solides avec les agences internationales, ces initiatives contribuent à alléger le fardeau des maladies évitables et à bâtir un système de santé plus robuste.

La pandémie de COVID-19 a rappelé avec force qu’aucun pays ne peut affronter seul les crises sanitaires mondiales. Le partage rapide de données, de connaissances et de ressources au-delà des frontières est devenu une nécessité absolue. L’expérience du Soudan du Sud illustre également l’importance cruciale de la collaboration intersectorielle : gouvernements, agences onusiennes, ONG, chercheurs et communautés travaillant de concert dans un objectif commun : sauver des vies.

Ces leçons doivent être capitalisées. La mise en place de systèmes de surveillance performants, l’amélioration des solutions de santé numérique comme la télémédecine et les applications mobiles, ainsi que l’utilisation d’outils comme les systèmes d’information géographique pour la cartographie des maladies, ne relèvent plus de la prospective, mais constituent des impératifs immédiats pour une prévention et une réponse sanitaires efficaces.

Cependant, la technologie et l’innovation ne peuvent prospérer sans un financement durable. Partout en Afrique, le financement de la santé demeure fragile, avec des dépenses directes dépassant 20 % dans la majorité des pays. Le Soudan du Sud ne fait pas exception. Une augmentation régulière du financement national de la santé est indispensable pour garantir sa viabilité à long terme. Les données démontrent que l’investissement public dans la santé est le principal indicateur de progrès vers la couverture sanitaire universelle. Des mécanismes financiers innovants et des partenariats public-privé joueront également un rôle clé pour combler les lacunes.

Alors que l’ONU célèbre ses 80 ans, l’histoire du Soudan du Sud est à la fois un témoignage des défis et de la promesse de la collaboration internationale. Chaque nouveau vaccin administré, chaque agent de santé formé, chaque vie sauvée rappelle que le progrès est possible, même dans les contextes les plus ardus.

Pour l’avenir, l’OMS appelle à un engagement collectif renouvelé pour :

  • Renforcer les capacités nationales par la formation, le déploiement et la rétention des professionnels de santé.
  • Améliorer la préparation aux situations d’urgence afin que les crises ne perturbent pas les services de santé essentiels.
  • Développer les systèmes communautaires qui rapprochent les soins de santé de la population.
  • Assurer un financement durable pour construire un système de santé pérenne.

Le travail n’est pas terminé. Cependant, les fondations qui sont jetées aujourd’hui préparent le Soudan du Sud à un avenir plus sain et plus résilient. En cette Journée des Nations Unies, réaffirmons notre mission commune : garantir la santé pour tous, partout. Car au Soudan du Sud, comme dans le reste du monde, la santé est le fondement de la paix, de la dignité et du développement. Ensemble, nous pouvons construire cet avenir, un avenir où personne ne sera laissé pour compte et où la santé sera la pierre angulaire de la paix et de la prospérité.

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