Publié le 2025-10-06 17:46:00. La banque d’investissement J.P. Morgan a retiré la dette souveraine argentine de son indice obligataire émergent principal, l’EMBI+. Cette décision entraîne une mise à jour quotidienne du risque pays, contre une cotation en temps réel auparavant.
- La dette argentine n’est plus intégrée à l’indice EMBI+ depuis le 30 septembre.
- Elle a été reclassée dans un indice plus large, le Global Diversified.
- Cette modification implique une mise à jour du risque pays une fois par jour, au lieu de manière continue.
La prestigieuse banque d’investissement J.P. Morgan a procédé à une réorganisation de ses indices de référence, affectant directement le suivi de la dette souveraine argentine. L’indice EMBI+ (Emerging Markets Bond Index Plus), considéré comme une référence clé pour l’évolution du risque pays sur les marchés émergents, n’inclut désormais plus les obligations émises par l’Argentine. Cette décision, intervenue à la fin du mois de septembre 2025, a pour conséquence de modifier la fréquence de mise à jour du risque pays pour l’Argentine, passant d’une cotation en temps réel à une seule actualisation quotidienne.
Bien que J.P. Morgan n’ait pas officiellement communiqué les critères précis ayant mené à cette décision, des sources proches du dossier ont indiqué à *Infobae* que le reclassement s’explique par une exigence de maturité inférieure à cinq ans pour les nouvelles émissions. Les titres de la dette argentine, issus de la dernière restructuration en septembre 2020, ne répondraient plus à ce critère pour figurer dans l’indice EMBI+. La dette argentine se retrouve ainsi intégrée dans l’indice Global Diversified (EMBIGD), un indice plus large qui présente des exigences d’admission moins strictes.
Cette révision a été confirmée par le fournisseur de données financières LSEG, qui a indiqué ne plus recevoir de données en temps réel pour l’instrument Argentine Embi+ JPM après le 30 septembre 2025. LSEG précise que, suite à la suppression de l’Argentine de l’indice EMBI+ lors du rééquilibrage de fin septembre, la contribution de données pour cet instrument a cessé. Désormais, les informations disponibles se limitent à la clôture quotidienne de l’indice EMBIGD.
L’indice EMBI+, historiquement, suivait des règles d’admission plus rigoureuses. Il ne prenait en compte que les obligations souveraines, excluant les émissions quasi-souveraines, municipales et provinciales. Il exigeait également que chaque instrument ait une valeur nominale minimale de 1,5 milliard de dollars américains en circulation et que le pays émetteur atteigne un volume minimum de 10 milliards de dollars américains dans sa série Global EMBI. L’indice était révisé mensuellement, avec des critères supplémentaires de liquidité et de taille pour maintenir les pays dans sa composition.
En contraste, l’indice Global Diversified (EMBIGD) est plus flexible. Il admet aussi bien les obligations souveraines que quasi-souveraines, avec un seuil minimum d’inclusion de 500 millions de dollars américains. Contrairement à l’EMBI Global, l’EMBIGD introduit des limites de poids par pays pour éviter des concentrations excessives, assurant ainsi une représentation plus équilibrée des différents émetteurs. Ces deux indices partagent des critères généraux d’éligibilité moins restrictifs que l’EMBI+.
Les indices comme l’EMBI+ et l’EMBIGD jouent un rôle crucial dans le paysage financier mondial. Ils servent de référence pour les investisseurs internationaux cherchant à placer du capital dans la dette souveraine des économies en développement. Ils sont également utilisés par les fonds passifs, tels que les Exchange Traded Funds (ETF), qui répliquent leur composition et leur pondération, offrant une alternative d’investissement. Ces indices permettent également de comparer la performance des obligations émergentes avec celle des bons du Trésor américain, considérés comme l’actif le plus sûr. La différence entre les rendements de ces obligations et ceux des bons du Trésor américain, appelée « spread » ou « risque pays », est un indicateur clé de la perception du risque des marchés vis-à-vis d’un pays donné.