Publié le 2025-11-04 13:00:00. Le programme indonésien de repas scolaires gratuits (MBG) est au cœur d’une crise sanitaire majeure, avec plus de 16 000 cas d’intoxication alimentaire recensés depuis janvier. Les autorités sont critiquées pour leur gestion et le manque de transparence.
- Plus de 16 000 élèves et personnels éducatifs auraient été victimes d’intoxications alimentaires liées au programme de repas gratuits (MBG) entre janvier et fin octobre 2025.
- Le Réseau de Surveillance de l’Éducation (JPPI) qualifie ces incidents de « plus grande tragédie liée à l’alimentation dans le secteur de l’éducation cette année ».
- Le JPPI demande la suspension du programme et la création d’une équipe d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les faits et les dysfonctionnements présumés.
Les chiffres révélés par le JPPI témoignent d’une dégradation alarmante de la situation. Alors que 2 226 cas avaient été enregistrés en août, le nombre de victimes a explosé en septembre avec 6 052 cas, puis a atteint 6 823 en octobre. Ces intoxications, initialement circonscrites aux élèves, ont désormais touché les enseignants, les parents, les jeunes enfants et même les femmes enceintes, signe d’une propagation inquiétante.
Selon le coordinateur du JPPI, Ubaid Matraji, les actions menées par le gouvernement et l’Agence Nationale de Nutrition (BGN) se sont avérées insuffisantes pour endiguer le phénomène. La fermeture partielle de certaines cuisines, décidée par la BGN, n’a pas empêché de nouvelles épidémies. Ubaid Matraji dénonce également le refus des autorités de divulguer les résultats des audits menés sur les cuisines impliquées, soulignant qu’à ce jour, aucune responsabilité n’a été établie malgré le grand nombre de victimes.
« Cela fait de l’empoisonnement au MBG la plus grande tragédie liée à l’alimentation dans le secteur de l’éducation cette année. »
Ubaid Matraji, coordinateur du JPPI
Face à cette crise, le JPPI exhorte le gouvernement à suspendre immédiatement le programme MBG. L’organisation appelle également à la constitution d’une équipe d’enquête interministérielle et indépendante, incluant des représentants de la société civile, afin de mener des investigations approfondies sur les incidents d’intoxication et les éventuelles irrégularités dans la gestion du programme. Pour Ubaid Matraji, « la tragédie de 16 000 victimes ne peut être normalisée. Ce n’est pas un simple accident mais la conséquence d’un échec systémique et d’une mauvaise gouvernance. »