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Juan Hurtado et Hugo Marino, portés disparus au Venezuela

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Publié le 24 février 2026 à 16h25. Les disparitions du lieutenant-colonel Juan Antonio Hurtado Campos et de l’homme d’affaires Hugo Henrique Marino Salas, survenues respectivement en 2018 et 2019 au Venezuela, restent non élucidées, suscitant l’inquiétude des organisations de défense des droits de l’homme.

Plus de cinq ans après leur disparition, le sort de ces deux hommes demeure inconnu. L’avocate Tamara Sujú, directrice exécutive de l’Institut Casla, a rappelé que l’État vénézuélien n’a fourni aucune réponse concernant leur paradero. Les familles des disparus sont privées d’informations officielles, de preuves de vie et d’accès aux dossiers judiciaires.

Le lieutenant-colonel Juan Antonio Hurtado Campos a disparu le 4 septembre 2018, après s’être rendu à son poste au palais de Miraflores, de retour de congés. Il avait été mentionné dans le cadre de l’enquête sur l’attentat présumé contre Nicolás Maduro, survenu le 4 août de la même année. Selon le témoignage de sa sœur, Dora Hurtado, il revenait d’une mission officielle en Russie. Le jour même de son retour, il a été arrêté par des agents de la Direction générale du contre-espionnage militaire (Dgcim). Sa famille n’a plus eu de nouvelles de lui depuis. Des recherches menées dans divers établissements, notamment le Ministère public, le Cicpc et le Parquet général militaire, n’ont révélé aucune trace de sa détention.

La famille a également visité plusieurs centres de détention, tels qu’El Helicoide, la prison militaire de Ramo Verde et El Rodeo I, mais on leur a systématiquement affirmé que Juan Hurtado n’y était pas détenu. Ils ont cependant localisé un numéro de dossier enregistré auprès du Tribunal 36 de demande de contrôle, daté du 10 juillet 2019, mais aucun document associé n’a pu être consulté au Palais de Justice.

En janvier 2024, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a publié une liste de 33 militaires rétrogradés et expulsés des Forces armées nationales bolivariennes. Le nom de Juan Antonio Hurtado Campos figurait à la septième place. Cette mention officielle, bien que tardive, n’a apporté aucune clarification sur sa situation ni confirmé s’il était encore en vie. L’affaire a été soulevée par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) dans ses rapports de 2021 et 2023, qui exprimaient des préoccupations quant au manque de progrès dans l’enquête.

Un témoignage supplémentaire provient du sergent-chef Gustavo Enrique Graterol Torrealba, ancien membre de la Garde d’honneur présidentielle, qui affirme avoir été témoin de l’arrestation de Hurtado à Miraflores par une commission dirigée par Alexandre Granko Arteaga, alors chef de la Direction des Affaires Spéciales de la Dgcim. Selon sa version, l’arrestation a eu lieu le 4 septembre 2018 et, depuis, aucune nouvelle n’a été donnée. Graterol a également évoqué des liens présumés entre Hurtado et l’ancien policier Óscar Pérez, tué en janvier 2018 lors de l’opération connue sous le nom de massacre de Junquito.

Hugo Henrique Marino Salas, homme d’affaires vénézuélien et italien, a disparu le 20 avril 2019, après avoir atterri à l’aéroport international Simón Bolívar de Maiquetía. Il avait contacté sa famille pour signaler son arrivée sans incident et avait promis de reprendre contact le soir même, ce qu’il n’a pas fait. Ses proches ont alors lancé des recherches et ont appris que des agents de la Dgcim l’auraient arrêté à Caracas le même jour. Malgré leurs tentatives, ils n’ont pu obtenir d’informations sur sa détention.

La famille a déposé une plainte auprès du ministère public, avec l’aide de l’ONG Foro Penal, et a saisi la Cour pénale internationale, le HCDH, l’Organisation des États américains et le bureau du procureur général italien, mais n’a reçu aucune réponse à ce jour. Hugo Marino était le propriétaire de Systèmes électroniques aquatiques, une entreprise spécialisée dans le suivi maritime qui avait fourni des services à l’État vénézuélien dans le cadre de recherches d’avions disparus, notamment un appareil qui s’était écrasé en 2017.

La famille a également mentionné que Hugo Marino avait eu des contacts avec Miguel Pérez Abad, ancien ministre du Commerce et de l’Industrie du Venezuela et actuel député à l’Assemblée nationale, après l’accident d’avion dans lequel le fils de ce fonctionnaire avait péri en août 2017. Marino avait alors publié des messages sur les réseaux sociaux demandant à s’entretenir avec le ministre. Aucun lien officiel n’a été établi entre ces événements et sa disparition.

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