Publié le 12 février 2026 à 19h44. Une étude révolutionnaire révèle que le noyau terrestre pourrait contenir une quantité d’hydrogène bien supérieure à celle de tous les océans combinés, remettant en question notre compréhension de la formation de la planète et ouvrant de nouvelles perspectives sur les ressources énergétiques potentielles.
- Le noyau terrestre abriterait entre neuf et 45 fois plus d’hydrogène que l’ensemble des océans terrestres.
- Cette découverte pourrait résoudre une controverse scientifique de longue date concernant l’origine de l’hydrogène sur Terre.
- L’étude utilise une technique innovante, la tomographie par sonde atomique, pour cartographier la composition chimique du noyau terrestre.
Des quantités massives d’hydrogène sont stockées au cœur de notre planète, selon une recherche publiée le 10 février 2026 dans la revue spécialisée Nature Communications. Cette découverte pourrait bouleverser notre compréhension de l’histoire de la Terre et de la manière dont elle s’est formée.
Jusqu’à présent, les estimations de la présence d’hydrogène dans le noyau terrestre étaient basées sur la diffraction des rayons X, une méthode qui repose sur des hypothèses concernant la structure cristalline du fer. Or, ces hypothèses se sont avérées inexactes. Une équipe de chercheurs a donc opté pour une approche différente : la tomographie par sonde atomique. Cette technique permet de cartographier la composition chimique d’un échantillon en trois dimensions à l’échelle nanométrique, pour tous les éléments du tableau périodique.
Pour simuler les conditions extrêmes qui règnent au centre de la Terre, les scientifiques ont recouvert un minuscule échantillon de fer de verre de silicate hydraté – un modèle du noyau entouré de magma. L’échantillon a ensuite été soumis à une pression colossale, comparable à celle existant à l’intérieur de la Terre, grâce à une cellule à enclume en diamant. Des lasers ont porté l’échantillon à une température d’environ 4 830 degrés Celsius.
Les résultats ont révélé que l’hydrogène, l’oxygène et le silicium pénètrent simultanément dans les cristaux de fer, modifiant leur structure d’une manière jusqu’alors inconnue. L’équipe a constaté que l’hydrogène et le silicium migraient en quantités identiques du « magma » simulé vers le « noyau » simulé. Sur cette base, ils ont calculé que l’hydrogène représente entre 0,07 et 0,36 % du poids du noyau terrestre.
« La méthode nécessite que nous connaissions exactement les structures cristallines du fer et leur comportement dans certaines conditions », explique Dongyang Huang, responsable de l’étude et professeur adjoint à l’Université de Pékin, cité par livescience.com. Il souligne également un aspect jusqu’alors négligé : la présence de silicium et d’oxygène dans le noyau terrestre déforme la structure cristalline du fer dès qu’ils s’y dissolvent.
Cette découverte a des implications majeures pour comprendre l’histoire de la Terre. Si l’hydrogène n’était arrivé sur Terre qu’après la formation du noyau, suite à des impacts de comètes, il aurait dû être concentré principalement dans les couches superficielles. Or, le fait que le noyau terrestre constitue de loin le plus grand réservoir d’hydrogène suggère que cet élément était déjà présent lors de la formation de la planète, il y a environ 4,5 milliards d’années.
« C’est la première fois que le mécanisme par lequel l’hydrogène pénètre dans le noyau est identifié », affirme Huang.
Au-delà des géosciences, cette étude pourrait avoir des répercussions importantes dans le domaine de la transition énergétique. L’hydrogène est un élément clé dans la recherche de nouvelles sources d’énergie propres. Récemment, d’autres études ont suggéré qu’il pourrait également exister des réserves considérables d’« hydrogène doré » dans la croûte terrestre. La prise de conscience de l’existence d’un immense réservoir d’hydrogène au plus profond de notre planète souligne à quel point notre connaissance de la composition chimique de la Terre est encore incomplète et combien il reste de découvertes à faire. Sources : Nature Communications, livescience.com
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