Publié le 22 février 2026. Une ancienne conseillère en santé publique témoigne de l’angoisse vécue par les familles face à la recrudescence de la rougeole à Londres, pointant du doigt les conséquences d’une baisse de la couverture vaccinale.
La flambée de rougeole qui frappe le nord de Londres, et plus particulièrement le quartier d’Enfield où 50 cas ont été confirmés, suscite l’inquiétude et met en lumière les risques encourus par les plus vulnérables. Au total, 130 cas de rougeole ont été recensés en laboratoire depuis le début de l’année en Angleterre, selon l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), avec 68 % des infections concentrées dans la capitale britannique.
Karen Ford, ancienne conseillère en recherche et politiques en matière de santé, partage son expérience personnelle. Sa petite-fille, trop jeune pour être vaccinée, a été hospitalisée en novembre pour une bronchiolite et une infection au virus respiratoire syncytial. Après un bref retour à la maison, l’enfant a développé une pneumonie, suivie de l’apparition d’une éruption cutanée caractéristique de la rougeole. Elle a dû être réadmitte à l’hôpital.
« Rester assise pendant des heures à tenir son petit corps, sans savoir comment la maladie évoluerait, est quelque chose que notre famille n’oubliera jamais. Elle était si faible qu’elle pouvait à peine pleurer. »
Karen Ford, ancienne conseillère en recherche et politiques en matière de santé
Bien que sa petite-fille se soit rétablie, Mme Ford souligne la gravité de la rougeole, une maladie hautement contagieuse pouvant entraîner de graves complications. Elle rappelle également que l’infection peut altérer la mémoire immunitaire, augmentant la vulnérabilité à d’autres infections, comme cela a été le cas pour sa petite-fille.
Les nourrissons trop jeunes pour être vaccinés dépendent de l’immunité collective pour se protéger. Mme Ford comprend les hésitations de certains parents concernant la vaccination, mais insiste sur le fait que les conséquences d’une faible couverture vaccinale touchent non seulement ceux qui retardent la vaccination de leurs enfants, mais aussi les plus fragiles.
Elle appelle au soutien des familles et à une meilleure écoute de leurs préoccupations afin de lutter contre la désinformation qui circule en ligne. Elle souligne également la nécessité d’améliorer l’accès à la vaccination grâce à des initiatives locales innovantes.