Publié le 2025-10-06 14:12:00. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a annoncé dimanche qu’il poursuivrait en justice l’administration Trump pour contester l’envoi de membres de la Garde nationale de son État vers l’Oregon, où des manifestations se déroulent près d’un bâtiment fédéral de l’immigration à Portland. Cette décision intervient après que la gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek, a affirmé que ces déploiements n’avaient pas été discutés avec le gouvernement fédéral.
- La Californie intente une action en justice contre le déploiement de sa Garde nationale dans l’Oregon.
- Donald Trump exprime sa frustration face aux blocages judiciaires concernant l’envoi de troupes fédérales.
- L’Illinois et l’Oregon critiquent l’interventionnisme fédéral dans leurs affaires intérieures.
Dimanche, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a déclaré qu’il se rendrait au tribunal pour s’opposer à la décision de Donald Trump d’envoyer des membres de la Garde nationale de son État en Oregon. Des manifestants se sont rassemblés près d’un bâtiment des douanes et de la protection des frontières américaines (CBP) à Portland. La gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek, a précisé que 101 membres de la Garde nationale californienne étaient arrivés samedi soir par avion, et que d’autres étaient en route, soulignant l’absence de communication formelle avec le gouvernement fédéral concernant ce déploiement.
La veille, un juge avait déjà bloqué temporairement l’administration Trump dans son projet de déployer 200 membres de la Garde nationale de l’Oregon à Portland. « Il n’y a aucune nécessité d’une intervention militaire en Oregon », a martelé Mme Kotek dimanche. Le Pentagone a confirmé l’envoi de ces 200 membres depuis la Californie vers l’Oregon, mais le bureau de la gouverneure de l’Oregon n’a pas pu confirmer leur localisation actuelle.
Donald Trump a fustigé samedi la décision de la juge américaine Karin Immergut, qu’il avait nommée, d’empêcher le déploiement de troupes dans la ville face à des manifestations jugées relativement modestes. « Je n’ai pas été bien servi par les personnes qui ont choisi les juges », a-t-il déclaré, ajoutant que la juge « devrait avoir honte d’elle-même » car « Portland brûle ».
Cette intervention s’inscrit dans une série de déploiements fédéraux dans des villes américaines. Samedi, Donald Trump avait autorisé l’envoi de 300 membres de la Garde nationale de l’Illinois à Chicago pour protéger les installations et les agents fédéraux, invoquant des « émeutes violentes et l’anarchie » que les autorités locales n’auraient pas su réprimer. La Maison Blanche, par la voix de sa porte-parole Abigail Jackson, a confirmé cette autorisation en référence à ces mêmes motifs.
Le président américain a qualifié Portland et Chicago de villes gangrenées par la criminalité et le désordre, décrivant la première comme une « zone de guerre ». Depuis le début de son second mandat, il a évoqué ou ordonné l’envoi de troupes dans une dizaine de villes, dont Baltimore, Memphis, Washington D.C., La Nouvelle-Orléans, ainsi que Oakland, San Francisco et Los Angeles en Californie.
Cependant, les gouverneurs de l’Illinois et de l’Oregon voient ces déploiements d’un œil critique. JB Pritzker, gouverneur de l’Illinois, a qualifié de « scandaleux et anti-américain » l’exigence d’envoyer des troupes militaires à l’intérieur des frontières nationales contre leur gré. Il a vivement critiqué Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure de Trump, qui avait réitéré le discours de la « zone de guerre ». M. Pritzker a accusé l’administration d’attiser la crise plutôt que de la résoudre, déclarant : « C’est eux qui en font une zone de guerre. » Il a appelé au retrait des forces fédérales de Chicago si leur mission n’était pas ciblée sur les « pires des pires », comme l’avait promis le président.
Tina Kotek avait déjà exprimé à Donald Trump fin septembre que le déploiement de troupes en Oregon n’était pas nécessaire. Ayant refusé d’ordonner le déploiement de la Garde nationale de l’Oregon, elle s’est vue opposer un ordre direct du président au secrétaire à la Défense. Cette décision a déclenché des poursuites judiciaires de la part des responsables municipaux et étatiques.
Dimanche soir, Mme Kotek a tenu une conférence de presse aux côtés du procureur général de l’Oregon, Dan Rayfield. Ce dernier a annoncé le dépôt d’une nouvelle requête en justice pour obtenir une deuxième ordonnance de restriction temporaire, incluant cette fois la Californie comme plaignante. « Nous pensons tous que la présence de troupes fédérales à Portland ne fera qu’enflammer la situation », a affirmé M. Rayfield.
Par ailleurs, la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a émis une note de service ordonnant aux agences du ministère de la Justice, y compris le FBI, d’apporter leur aide dans la protection des installations fédérales d’immigration et des douanes, notamment à Chicago et Portland.