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La Chine contrôle les terres rares achetées par le monde

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Dans un effort stratégique pour réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine, les États-Unis multiplient les accords visant à sécuriser l’approvisionnement en terres rares. Ces minéraux, essentiels à la fabrication de produits de haute technologie, sont actuellement dominés par Pékin.

Le président américain Donald Trump a paraphé une série d’accords avec le Japon, la Malaisie, la Thaïlande, le Vietnam et le Cambodge. Bien que leur portée varie, ces ententes visent toutes à diversifier les sources d’approvisionnement en minéraux critiques. Cette démarche intervient à la veille d’une rencontre cruciale entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, signalant une volonté claire de réduire la dépendance à l’égard de Pékin dans un secteur stratégique.

À retenir

  • Les États-Unis cherchent à diversifier l’accès aux terres rares via des accords avec plusieurs pays asiatiques.
  • Ces démarches visent à contester la mainmise chinoise sur la production et le traitement de ces minéraux essentiels.
  • Le processus de délocalisation de la production de terres rares s’annonce coûteux et de longue haleine pour les États-Unis et leurs partenaires.

Contexte

La Chine contrôle près de 70 % du traitement mondial des terres rares, conférant à son président Xi Jinping un levier de négociation important dans la guerre commerciale actuelle. Des restrictions d’exportation chinoises ont récemment mis à mal l’approvisionnement, exacerbant les inquiétudes sur la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Face à cette situation, les États-Unis intensifient leurs efforts pour bâtir des chaînes d’approvisionnement alternatives.

Avant même sa tournée asiatique, Donald Trump avait conclu un accord de 8,5 milliards de dollars avec l’Australie pour renforcer la capacité de traitement des terres rares en dehors de la Chine. Le Premier ministre australien Anthony Albanese avait alors affirmé que « dans environ un an, nous aurons tellement de minéraux critiques et de terres rares que vous ne saurez pas quoi en faire ». L’Australie, par la richesse de ses ressources minérales, est considérée comme un partenaire clé dans cette stratégie américaine.

Ce qui change

Les nouveaux accords signés avec les partenaires asiatiques visent à engager ces pays dans des échanges commerciaux favorables aux États-Unis. Si leur impact concret reste à évaluer, ils représentent une tentative d’affaiblir la position dominante de la Chine. Le Japon, par exemple, s’est engagé à augmenter l’offre et la production de terres rares, avec des plans d’investissement coordonné et de stockage stratégique. Les accords avec la Malaisie, la Thaïlande, le Vietnam et le Cambodge incluent des engagements à faciliter l’accès américain aux terres rares, à privilégier les acheteurs américains dans les règles d’exportation, et à encourager les investissements non chinois dans la transformation locale.

Prochaines étapes

Cependant, le défi est de taille. La construction de nouvelles mines et d’installations de raffinage hors de Chine implique des coûts d’investissement considérablement plus élevés, des réglementations environnementales plus strictes et des dépenses accrues en main-d’œuvre et en énergie. Patrick Schroder, chercheur principal au Chatham House, souligne que « la construction de nouvelles mines, d’installations de raffinage et d’usines de transformation dans des régions comme l’Australie, les États-Unis et l’Europe s’accompagne de coûts d’investissement beaucoup plus élevés, de réglementations environnementales plus strictes et d’intrants de main-d’œuvre et d’énergie plus coûteux ».

L’industrie des terres rares, de l’extraction au raffinage, est complexe et génère des préoccupations environnementales, notamment en raison de la présence de composants radioactifs. La société australienne Lynas Rare Earths, l’un des plus grands fournisseurs mondiaux hors de Chine, a d’ailleurs rencontré des obstacles réglementaires lors de ses activités de raffinage en Malaisie.

Par ailleurs, certains accords, comme ceux conclus avec la Malaisie et la Thaïlande, sont des protocoles d’accord non contraignants, soulevant des questions sur leur pérennité face aux changements politiques nationaux. De plus, la Chine reste un partenaire commercial essentiel pour tous ces pays, y compris le Japon, limitant ainsi la marge de manœuvre de Washington. Malgré les engagements de coopération et d’investissement, la diversification des chaînes d’approvisionnement en terres rares demeure un processus long et semé d’embûches.

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